La Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) prépare le rachat de l'or produit dans les six pays de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC). Réuni le 5 octobre 2026 à N'Djamena, au Tchad, son Conseil d'administration a approuvé la stratégie 2027-2030 et les directives du Programme d'achat d'or domestique (PAOD), une étape supplémentaire vers l'opérationnalisation de la monétisation de l'or régional. Cette initiative doit permettre à la banque centrale d'accroître la part du métal précieux dans ses réserves officielles, aux côtés des devises étrangères.
" Dans la perspective de la consolidation et de la diversification des sources d'accumulation des réserves de change de la BEAC, le Conseil d'administration a approuvé la Stratégie 2027-2030 et les Directives du Programme d'Achat d'Or Domestique (PAOD), en vue de l'opérationnalisation de la monétisation de l'or conformément aux objectifs poursuivis ", indique le communiqué publié à l'issue des travaux.
Cette approbation marque une nouvelle étape dans la préparation du programme, après l'adoption, le 8 avril 2026, par le Comité ministériel de l'Union monétaire de l'Afrique centrale (UMAC), du principe de la monétisation de l'or régional. En juin dernier, le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, indiquait encore que les travaux portaient sur la finalisation des procédures et des modes opératoires. L'adoption des directives doit désormais contribuer à définir le cadre de mise en œuvre des acquisitions.
Un objectif de 15 % dans les réserves de change
Le programme s'inscrit dans le cadre du plan stratégique 2025-2030 de la BEAC, qui prévoit de porter la part de l'or dans les réserves de change de 4 % à 15 %. Cette orientation vise à diversifier les actifs détenus par la banque centrale et à réduire sa dépendance aux sources traditionnelles d'accumulation des réserves, notamment les recettes d'exportation, les transferts et les financements extérieurs.
L'évolution de la valeur des stocks existants illustre l'intérêt de cet actif dans la gestion des réserves. Au 31 décembre 2025, la BEAC détenait 201 903,4 onces d'or, soit environ 6,3 tonnes, un volume identique à celui enregistré à fin 2024. Pourtant, la valeur comptable de ce stock est passée de 333,9 milliards FCFA à 492,9 milliards FCFA sur la période, soit une progression de 47,6 %. Ce gain de 159 milliards FCFA résulte de la revalorisation du métal sous l'effet de la hausse des cours internationaux.
Les achats domestiques doivent précisément permettre à la BEAC d'accroître son stock physique d'or. En acquérant une partie de la production minière régionale, l'institution pourrait transformer cette ressource en actifs de réserve, plutôt que de compter exclusivement sur les entrées de devises issues des échanges extérieurs. Cette stratégie intervient alors que les réserves de change de la CEMAC atteignaient 7 125 milliards FCFA à fin août 2026, en hausse de 4,7 % sur un an, selon le rapport de politique monétaire publié en septembre.
L'entrée en vigueur opérationnelle du programme dépend encore de la définition de plusieurs paramètres. À ce stade, plusieurs éléments déterminants restent inconnus : la date des premières acquisitions, les volumes annuels recherchés entre 2027 et 2030, l'enveloppe financière consacrée au programme et le stock physique que la banque centrale entend détenir à l'issue de cette période.
Claude Paul Tjeg
Publié le 09/10/26 10:03
La Rédaction
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