menu mobile
L’information économique au cœur des marchés africains

CEMAC : La moitié du portefeuille de prêts de la BDEAC désormais classés " dégradés "

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ouvre dans 1h21min

À fin décembre 2025, la Banque de développement des États de l'Afrique centrale (BDEAC) comptabilisait 360,148 milliards FCFA de prêts classés " dégradés ", sur un portefeuille brut total de 723,516 milliards FCFA. Autrement dit, près de la moitié des concours de l'institution régionale se situent dans cette catégorie de risque. À ces encours s'ajoutent 55,111 milliards FCFA de prêts dépréciés, tandis que les encours considérés comme sains atteignent 308,257 milliards FCFA. La qualification de prêt " dégradé " ne signifie toutefois pas que l'emprunteur est déjà en défaut.

En effet, suivant les normes internationales d'information financière, la BDEAC distingue trois niveaux : les prêts performants, les actifs ayant enregistré une augmentation significative du risque de crédit et les actifs effectivement dépréciés. La deuxième catégorie correspond notamment aux financements dont le risque s'est détérioré depuis leur comptabilisation initiale, sans qu'un défaut de paiement soit nécessairement constaté.

Le poids de ces créances reste élevé malgré une amélioration par rapport à 2024. Les encours dégradés atteignaient alors 420,613 milliards FCFA, soit environ 60,5 milliards de plus qu'en 2025. Dans le même temps, les encours sains ont progressé de 235,850 milliards à 308,257 milliards FCFA, tandis que les prêts dépréciés ont reculé de 61,581 milliards à 55,111 milliards.

La Banque a également durci en 2025 sa grille d'appréciation des contreparties. L'application de sa Déclaration d'appétence au risque révisée a notamment fait disparaître les catégories de risques qualifiées de " faibles " et " modérés ", qui comptaient encore six contreparties en 2024. À l'autre extrémité, le nombre de contreparties classées en risques " très élevés " est passé de cinq à neuf. La BDEAC souligne que ce déplacement tient en partie au resserrement de son cadre prudentiel.

Cette qualité du portefeuille prend d'autant plus d'importance que les capacités de recouvrement restent sous pression. En 2025, sur 185,182 milliards FCFA facturés, la Banque n'a encaissé que 39,645 milliards, soit un taux de recouvrement de 21%. Les contreparties publiques représentaient 78% de la facturation. La BDEAC évoque elle-même une " forte tension sur la capacité de paiement des contreparties, principalement publiques ".

Idrissa Diakité

Publié le 29/09/26 10:52

La Rédaction

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

zHUL_RZCmtNCLZIo0K34uF09c7d9kQWc5ya_GULpPjA False