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CEMAC : Le coût du crédit a reculé dans cinq pays sur six à fin 2025

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La détente du coût du crédit s'est poursuivie dans la quasi-totalité de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac) à la fin de l'année 2025. Selon les données du rapport sur l'évolution des taux débiteurs pratiqués par les établissements de crédit dans la Cemac au quatrième trimestre 2025, publié par la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) le 8 juin 2026, les taux débiteurs moyens ont diminué en glissement annuel dans cinq des six pays de l'union monétaire. Les replis les plus marqués ont été observés en République centrafricaine, au Gabon et en Guinée équatoriale.
 
Les taux débiteurs correspondent au coût facturé par les banques lorsqu'elles accordent un crédit à leurs clients. Ils sont influencés par plusieurs facteurs, notamment le taux directeur de la banque centrale, c'est-à-dire le taux auquel celle-ci prête des liquidités aux établissements de crédit. Lorsqu'il augmente, les crédits ont généralement tendance à devenir plus coûteux. À l'inverse, lorsqu'il diminue, les banques disposent, en principe, d'une plus grande marge de manœuvre pour assouplir leurs conditions de financement.
 
Dans ce contexte, le Cameroun, première économie de la sous-région, a enregistré un léger recul du coût du crédit. Le taux débiteur moyen s'est établi à 8,38 % au quatrième trimestre 2025, contre 8,58 % un an auparavant, soit une baisse de 21 points de base. Par rapport au troisième trimestre 2025, le recul est de 14 points de base.
 
La baisse est en revanche beaucoup plus prononcée en République centrafricaine. La BEAC indique que " les taux ont globalement reculé entre les quatrièmes trimestres 2024 et 2025, à 14,04 % contre 18,44 % un an auparavant, soit une baisse de 440 points de base en glissement annuel ". En variation trimestrielle, " les taux ont reculé de 352 points de base par rapport au troisième trimestre 2025, où ils s'élevaient à 17,55 % ".
 
La même tendance est observée au Congo, où les banques ont également réduit le coût de leurs financements. Le taux moyen est passé de 10,99 % à 10,66 % entre les quatrièmes trimestres 2024 et 2025, soit une diminution de 32 points de base. Sur un trimestre, le recul est de 25 points de base par rapport au niveau de 10,92 % enregistré au troisième trimestre 2025.
 
Le Gabon figure également parmi les pays ayant enregistré les corrections les plus importantes. Selon la BEAC, " les taux débiteurs moyens appliqués ont reculé de 499 points de base en glissement annuel, à 21,06 % contre 26,04 % au quatrième trimestre 2024 ". La banque centrale relève toutefois une évolution inverse en comparaison trimestrielle : " ces indicateurs ont considérablement augmenté " par rapport au troisième trimestre 2025, où ils s'établissaient à 12,60 %.
 
La Guinée équatoriale affiche, pour sa part, la plus forte baisse annuelle de la sous-région. D'après le rapport, " les taux effectifs globaux moyens pratiqués par les établissements de crédit ont reculé de 620 points de base en glissement annuel, à 11,19 % contre 17,39 % un an auparavant ". Une légère remontée de 15 points de base est toutefois observée par rapport au troisième trimestre 2025.
 
Le cas particulier du Tchad
Le Tchad constitue la seule exception à cette tendance régionale, mais les résultats diffèrent selon que l'on inclut ou non les engagements par signature, c'est-à-dire les garanties et cautions accordées par les banques sans décaissement immédiat de fonds.
 
En excluant ces opérations, la BEAC relève que " les TEG moyens pratiqués comparables ont reculé de 37 points de base en glissement annuel, à 10,31 % contre 10,68 % un an plus tôt ". En variation trimestrielle, " les taux débiteurs servis par les banques en activité au Tchad ont reculé de 122 points de base ; trois mois auparavant, ils s'élevaient à 11,53 % ".
 
En revanche, lorsque les engagements par signature sont intégrés au calcul, la tendance s'inverse. Le taux débiteur moyen national ressort à 6,49 %, contre 5,98 % un an auparavant, soit une hausse de 51 points de base. Par rapport au troisième trimestre 2025, la progression atteint 225 points de base. Malgré cette augmentation, le Tchad demeure le pays affichant le taux moyen le plus faible de la Cemac selon cette méthode de calcul.
 
Les entreprises concentrent toujours l'essentiel des crédits
Au-delà de l'évolution des taux, les données publiées par la banque centrale montrent que les entreprises continuent de capter l'essentiel des financements bancaires dans la sous-région.
 
Au quatrième trimestre 2025, elles ont absorbé 77,73 % de l'ensemble des crédits distribués par les établissements de crédit de la Cemac. Les concours accordés à cette catégorie de clientèle ont atteint 2 337,3 milliards de FCFA, contre 2 306,8 milliards un an plus tôt, soit une progression de 1,32 % en glissement annuel. Comparé au troisième trimestre 2025, le volume recule toutefois légèrement de 0,48 %, après avoir atteint 2 347,1 milliards de FCFA trois mois auparavant.
 
Les petites et moyennes entreprises (PME) ont, quant à elles, représenté 18,76 % des financements distribués dans la sous-région. Les crédits qui leur ont été accordés se sont élevés à 564,3 milliards de FCFA à fin 2025, contre 519 milliards un an auparavant, soit une hausse de 8,72 %. En revanche, ces financements ont diminué de 3,18 % par rapport au troisième trimestre 2025, période au cours de laquelle ils atteignaient 582,8 milliards de FCFA.
 
Perton Biyiha

Publié le 11/06/26 11:03

La Rédaction

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