Réuni le 26 novembre 2025 à Bangui, le Comité national économique et financier (CNEF) de la République centrafricaine a dressé un état des lieux prudent mais optimiste de la conjoncture nationale. La session, tenue à la Direction nationale de la BEAC sous la présidence d'Hervé Ndoba, ministre des Finances et du Budget, s'inscrivait dans la continuité des travaux menés depuis le début de l'année. Selon le communiqué publié à l'issue de cette troisième session, les autorités espèrent une amélioration sensible des performances économiques du pays avant la fin de l'exercice.
Dans la zone CEMAC, les perspectives compilées par le CNEF annoncent une croissance de 2,6% en 2025, légèrement inférieure à celle de 2024, avec une production pétrolière en repli mais un secteur non pétrolier toujours solide.
Sur le plan intérieur, le communiqué souligne que l'activité économique centrafricaine restait soutenue à la fin août 2025. Les secteurs agricoles, miniers, énergétiques, commerciaux et liés aux travaux publics montrent des tendances favorables. Les autorités attribuent cette dynamique à un environnement sécuritaire plus stable et à la poursuite des réformes engagées dans le cadre du programme appuyé par le FMI.
Les prévisions reprises dans la note officielle sont nettement plus positives que celles de l'année précédente. Le gouvernement anticipe une croissance du PIB de 3,5% en 2025, contre 1,6% en 2024. Le document confirme toutefois que les tensions sur les prix persistent, avec une inflation estimée à 2,1%. Le déficit budgétaire hors dons devrait reculer à 9,3% du PIB, après un niveau de 11,1% un an plus tôt. Le déficit des transactions courantes enregistrerait un repli remarquable, pour s'établir à 0,2% du PIB, alors qu'il atteignait 9,3% en 2024. La masse monétaire progresserait quant à elle de 17,8%, soutenue par une évolution jugée favorable des contreparties.
Le CNEF note que la situation du secteur bancaire reste suivie de près, tout comme l'essor continu de la microfinance et les développements enregistrés sur le marché financier régional. Le comité a validé l'exécution du budget 2025 et arrêté les projections pour 2026, rappelant la nécessité d'une gestion rigoureuse des ressources publiques dans un environnement encore marqué par de fortes incertitudes extérieures.
L'instance attire également l'attention sur la hausse du Taux effectif global au troisième trimestre 2025, signe que le coût du crédit s'est accru pour les établissements comme pour les emprunteurs. Les échanges ont permis d'examiner le rapport d'activité 2023 du comité, ainsi que plusieurs notes et communiqués techniques émis par la BEAC et l'Union monétaire d'Afrique centrale, afin d'orienter les décisions pour la période à venir.
Perton Biyiha
Publié le 27/11/25 18:58
La Rédaction
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