À compter de janvier 2027, les opérateurs de transferts d'argent au Congo devront utiliser des terminaux électroniques permettant aux autorités de suivre leurs transactions financières. L'Agence de régulation des transferts de fonds (ARTF) a annoncé cette mesure après plusieurs années de sensibilisation des professionnels. Sur les 1 000 appareils prévus, 200 sont déjà disponibles, selon le ministère des Finances. Le dispositif concerne notamment les opérateurs de transferts de fonds et de change, y compris ceux exerçant dans le secteur informel.
Cette réforme vise à renforcer le contrôle des flux financiers et à améliorer le recouvrement des recettes fiscales. Les nouveaux terminaux seront connectés à une plateforme numérique permettant à l'ARTF de suivre les opérations réalisées sur l'ensemble du territoire. Les appareils pourront également produire des reçus électroniques pour chaque transaction. Pour l'administration congolaise, cette modernisation doit faciliter l'identification des opérations et limiter les activités échappant au contrôle fiscal.
Conformément à l'article 13 de la loi de finances 2026, les opérateurs concernés doivent également enregistrer leurs structures sur la plateforme numérique de l'ARTF et déclarer leurs transactions au plus tard le 10 du mois suivant. L'obligation s'applique aux agents économiques exerçant des activités de transfert d'argent. Les autorités entendent ainsi disposer d'un registre national des opérateurs et améliorer la connaissance des mouvements financiers réalisés à l'intérieur et à l'extérieur du Congo.
Le non-respect de ces dispositions expose les professionnels à des sanctions. Selon le directeur général de l'ARTF, Basile Jean-Claude Bazebi, les opérateurs qui refusent de se connecter à la plateforme encourent notamment une amende de 20 millions FCFA. Lors d'une rencontre organisée le 5 octobre à Brazzaville, le responsable a également annoncé des formations destinées à accompagner les professionnels dans l'utilisation des nouveaux équipements. Les terminaux seront personnalisés et adaptés aux besoins des opérateurs concernés.
Le déploiement doit commencer dans les grandes villes, notamment Brazzaville et Pointe-Noire, avant son extension au reste du territoire. Cette réforme s'inscrit dans la stratégie du gouvernement visant à augmenter les recettes publiques hors pétrole grâce à la numérisation des activités économiques. Pour les entreprises de transfert d'argent, elle impose une adaptation des procédures d'enregistrement et de déclaration des transactions, tandis que l'ARTF cherche à élargir le nombre d'opérateurs soumis au contrôle fiscal.
Idrissa Diakité
Publié le 20/10/26 10:05
La Rédaction
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