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Congo : Hausse de 17% à 57 milliards FCFA du chiffre d'affaires des industries de boissons et tabacs au 1er trimestre

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Dans une économie où les importations de viande chutent de 26,8% et où le pouvoir d'achat des ménages est sous pression, un segment tient bon : la bière et les cigarettes. Les données publiées par la Direction générale de l'économie en mai 2026 sont formelles. Le chiffre d'affaires global des industries de boissons et tabacs a progressé de 17,3% au premier trimestre 2026, passant de 48,8 à 57,3 milliards FCFA en glissement annuel. Une performance qui, dans le contexte économique actuel, en dit long sur le comportement des consommateurs congolais face à la contrainte.

Le moteur principal reste la bière. Les boissons alcoolisées génèrent 35,7 milliards FCFA de chiffre d'affaires au premier trimestre 2026, en hausse de 32,5%. Les bières seules représentent 34 milliards FCFA, en progression de 31,4%. En volume, la production passe de 467 400 à 474 000 hectolitres, soit une hausse plus modeste de 1,4% qui révèle que la progression du chiffre d'affaires est portée autant par un effet prix et mix produit que par une réelle expansion des volumes. Les autres boissons alcoolisées affichent quant à elles une hausse de 59,6%, à 1,7 milliard FCFA. L'enquête menée en mai 2026 auprès des entreprises attribue cette dynamique à l'acquisition de nouvelles machines plus performantes, qui ont amélioré la productivité sur les lignes de production.

Le tabac apporte une contribution distincte. La production de cigarettes bondit de 66,7%, passant de 7,2 à 12 millions de paquets. Le chiffre d'affaires du segment progresse plus modestement, de 2,6%, à 5,9 milliards FCFA, ce qui indique une reconstitution des stocks après le faible niveau enregistré un an plus tôt, consécutif à l'arrêt de certains équipements techniques. Cette progression en volume découplée de la progression en valeur suggère une politique tarifaire prudente dans un marché où le consommateur arbitre entre formats et marques sous contrainte de revenus. Deux signaux de prudence nuancent par ailleurs ce tableau : les boissons non alcoolisées voient leur chiffre d'affaires reculer de 2,9% à 15,4 milliards FCFA malgré une production en hausse, et les produits laitiers enregistrent une chute de 21,9% en volume, le yaourt passant de 256 000 à 200 000 litres.

Alors que les importations alimentaires reculent de 11,2% et 86,1% des chefs d'entreprise déclarent des difficultés opérationnelles, la consommation de bière et de cigarettes reste soutenue, traduisant un effet de bien de première nécessité subjective où certaines dépenses de confort ou d'habitude résistent mieux que les postes alimentaires essentiels. Par ailleurs, la capacité des acteurs en place à monter en productivité par l'outil, à maintenir leurs prix dans un environnement inflationniste et à préserver leurs volumes face à la compression du pouvoir d'achat constitue un signal de solidité opérationnelle.

Idrissa Diakité

Publié le 13/07/26 13:25

La Rédaction

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