Le Congo cherche à obtenir de nouveaux financements internationaux en renouant avec le Fonds monétaire international (FMI). Lors d'une rencontre organisée le 12 octobre 2026 à Bangkok, le ministre des Finances, Christian Yoka, et le vice-président de la Banque mondiale pour l'Afrique, Ousmane Diagana, ont notamment évoqué la possibilité d'un appui budgétaire conditionné à la conclusion d'un nouveau programme avec le FMI. Cette perspective pourrait permettre à Brazzaville de mobiliser des ressources supplémentaires pour financer ses réformes économiques et fiscales.
Cette démarche fait suite à la mission du FMI conduite du 24 septembre au 7 octobre 2026. Les discussions ont porté sur la situation économique du pays et les mesures susceptibles d'accompagner un nouveau programme au titre de la Facilité élargie de crédit. Selon le ministère des Finances, quatre priorités ont été identifiées : la maîtrise de l'endettement public, l'amélioration des recettes fiscales, la rationalisation des dépenses et la réduction des transferts pétroliers. Le FMI a confirmé des avancées dans les négociations, qui doivent se poursuivre en vue d'un accord technique.
Pour Brazzaville, la conclusion de ce programme présente un intérêt financier au-delà des ressources que pourrait apporter directement le FMI. Un accord permettrait également de renforcer les perspectives de financement auprès d'autres partenaires, en particulier la Banque mondiale. Le gouvernement cherche ainsi à consolider ses finances publiques tout en préservant sa capacité à financer les investissements et à poursuivre l'apurement de sa dette intérieure, notamment les créances détenues par les entreprises privées.
En effet, lors des échanges avec Ousmane Diagana, la Banque mondiale et les autorités congolaises ont examiné les possibilités d'appui aux réformes fiscales et économiques. Les discussions ont également porté sur la mobilisation coordonnée des ressources des partenaires multilatéraux et bilatéraux pour réformer le secteur électrique, ainsi que sur la restructuration du portefeuille actuel de la Banque mondiale. Un nouveau cadre de partenariat, privilégiant des projets de grande envergure, est également en préparation. Les appuis budgétaires envisagés et les financements destinés aux projets relèvent toutefois de mécanismes distincts.
Le gouvernement congolais entend inscrire ces négociations dans sa stratégie de redressement des finances publiques. Son projet de budget 2027 prévoit notamment de ramener le ratio d'endettement à 80,9 % du PIB, contre 88,6 % attendus en 2026. La conclusion d'un programme avec le FMI pourrait ainsi faciliter l'accès à des ressources extérieures destinées à accompagner les réformes et les investissements publics. Les discussions restent cependant ouvertes, et tout nouveau financement devra faire l'objet d'un accord et des procédures d'approbation requises.
Idrissa Diakité
Publié le 19/10/26 10:35
La Rédaction
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