Les perspectives commerciales des entreprises congolaises se dégradent, malgré l'amélioration attendue de la croissance économique. Selon l'enquête de conjoncture menée par la Direction générale de l'économie (DGE), seulement 36,3% des chefs d'entreprise interrogés au deuxième trimestre 2026 anticipent une augmentation de leur chiffre d'affaires. Cette proportion a reculé de plus de 14 points en trois mois, témoignant d'un affaiblissement des anticipations commerciales parmi les opérateurs économiques.
Le pessimisme gagne parallèlement du terrain. Désormais, 30% des entreprises interrogées prévoient une diminution de leurs revenus, tandis qu'environ un tiers envisage une stabilisation de son activité. Cette évolution contraste avec la situation observée en début d'année, lorsqu'une majorité des dirigeants anticipait encore une progression de son chiffre d'affaires. Les perspectives de développement commercial apparaissent ainsi moins favorables pour une partie croissante du secteur privé.
Cette dégradation s'accompagne d'une multiplication des difficultés opérationnelles. Au deuxième trimestre, 89,1% des dirigeants interrogés déclarent rencontrer des obstacles dans la conduite de leurs activités. Les perturbations de l'approvisionnement électrique figurent parmi les principales préoccupations, devant la concurrence, les contraintes administratives et les difficultés de recouvrement des créances. Ces facteurs affectent directement le fonctionnement des entreprises et leur capacité à développer leurs activités.
Les coupures d'électricité occupent une place particulièrement importante dans cette détérioration. Plus de sept entreprises interrogées sur dix déclarent subir des perturbations énergétiques, avec des conséquences sur leurs capacités de production et la continuité de leurs services. Les pénuries de carburant accentuent ces difficultés en augmentant les charges d'exploitation et en compliquant les opérations de transport et de livraison. Les entreprises doivent ainsi composer avec des contraintes simultanées sur leurs coûts et leurs revenus.
Ces anticipations contrastent avec les projections macroéconomiques du gouvernement, qui table sur une croissance de 5,3% en 2026, soutenue notamment par les hydrocarbures et les services. Malgré cette perspective favorable à l'échelle nationale, les dirigeants interrogés se montrent plus réservés sur l'évolution de leurs propres activités. Un décalage qui souligne les difficultés persistantes du secteur privé à tirer pleinement parti de la dynamique économique attendue.
Idrissa Diakité
Publié le 15/10/26 11:04
La Rédaction
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