Les pénuries de carburant pèsent lourdement sur la situation financière des entreprises congolaises. Selon l'enquête de conjoncture de la Direction générale de l'économie (DGE), 30,4 % des entreprises interrogées au deuxième trimestre 2026 estiment que ces perturbations menacent leur trésorerie. Parallèlement, 43 % déclarent supporter des surcoûts qui réduisent directement leurs marges bénéficiaires. Ces difficultés touchent plusieurs branches de l'économie, notamment l'industrie, le commerce, les transports et les services.
Le gasoil constitue le principal produit concerné par ces tensions. Il est cité par plus de deux tiers des dirigeants interrogés comme le carburant le plus difficile à obtenir. Sa disponibilité conditionne aussi bien les opérations de transport que le fonctionnement des groupes électrogènes utilisés pour pallier les coupures d'électricité. À Brazzaville comme à Pointe-Noire, les entreprises font état de tensions récurrentes, qui perturbent leur organisation quotidienne et leurs approvisionnements.
Les conséquences économiques dépassent les seules difficultés de ravitaillement. Plus de la moitié des entreprises interrogées signalent une forte augmentation de leurs charges d'exploitation, liée notamment aux achats de carburant sur le marché parallèle. Près de 46 % déclarent avoir subi des ralentissements ou des interruptions partielles de leurs activités. Les retards de livraison et les difficultés de déplacement du personnel viennent également perturber les relations avec les clients et les fournisseurs.
La crise favorise aussi le développement de pratiques commerciales irrégulières. Selon la DGE, 62,7 % des dirigeants interrogés signalent des ventes clandestines et des phénomènes de surfacturation. Les entreprises attribuent ces difficultés au manque d'anticipation dans l'approvisionnement, aux tensions sur les marchés internationaux et aux contraintes logistiques. L'acheminement des produits pétroliers entre Pointe-Noire et Brazzaville figure notamment parmi les problèmes identifiés par les opérateurs économiques.
Face à ces perturbations, les entreprises privilégient des mesures destinées à sécuriser durablement la distribution. La constitution de stocks stratégiques est souhaitée par plus de la moitié des dirigeants interrogés. D'autres préconisent un approvisionnement prioritaire des activités essentielles et une amélioration des circuits logistiques. Ces demandes traduisent les préoccupations d'un secteur privé confronté à une hausse de ses coûts énergétiques, à l'érosion de ses marges et à des tensions croissantes sur sa trésorerie.
Idrissa Diakité
Publié le 14/10/26 18:08
La Rédaction
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