Le panier de la ménagère en Côte d'Ivoire réagit parfois à un simple baromètre : il suffit d'une poussée des à la pompe pour que l'aiguille bouge.
En septembre 2026, les prix à la consommation ont progressé de 1,6% sur un an, contre 1,2% en août, selon l'Agence nationale de la statistique (Anstat), enregistrant ainsi un gain de 0,4 point de pourcentage. La hausse reste contenue, mais la tendance s'est incontestablement réveillée.
Le carburant, principal fauteur de hausse
Le poste Transports, en hausse de 5,5%, fait figure de moteur de cette accélération. L'essence a connu une flambée de 9%, contre 7,4% pour le diesel. Cette envolée des prix à la pompe se diffuse ensuite à toute l'économie, puisque le coût du transport alourdit celui des marchandises.
Les prix des motocyclettes (-1,2%) et des pièces d'équipement personnel (-0,9%) apportent à peine un contrepoids.
L'assiette, entre flambée marine et accalmie céréalière
Les produits alimentaires et boissons non alcoolisées ont aussi vu leurs prix augmenter de 1,9%, avec de fortes disparités. Le poisson frais, réfrigéré ou congelé s'adjugeant 12% ; le poisson séché, salé ou fumé 14,2% ; les fruits tropicaux frais 11,2% et la viande fraîche 6,9%.
À l'inverse, les céréales ont reculé de 3,7%, les tubercules, plantains et bananes à cuire de 1,8% ; et les légumes-fruits de 0,5%. Les produits de base de l'alimentation locale jouent donc les amortisseurs. Restaurants et hôtels affichent pour leur part une hausse de 1,8%.
Le numérique, seul poste en repli
Les prix au niveau du poste ‘''Information et communication'' se sont contractés de 2%. Les services de communication mobile se sont repliés de 3,3% ; les abonnements à des contenus audiovisuels de 4,4% et les équipements de téléphonie de 0,5%. La concurrence entre opérateurs et la baisse du coût de la technologie profitent directement au consommateur.
Tous les compartiments de l'inflation progressent : produits frais (+2,7%), énergie (+1,6%) et inflation sous-jacente (+1%). Cette dernière, qui gomme les éléments volatils comme les denrées périssables et l'énergie pour révéler la pente de fond des prix, reste la plus faible. Les pressions sont donc réelles mais modérées, tant sur le plan conjoncturel (chocs ponctuels) que structurel (dynamique durable).
Un garde-fou largement respecté
En moyenne annuelle, l'inflation s'est établie à 1,3%, soit 0,2 point de plus qu'en août. Elle demeure bien en deçà du plafond communautaire de 3%, fixé pour les États de l'UEMOA.
Cette marge confortable laisse à Abidjan le temps d'observer, d'autant que les prix les plus sensibles, ceux de l'énergie et du poisson, dépendent en grande partie de facteurs extérieurs. Reste à savoir si la hausse du carburant se transmettra durablement au reste de l'économie.
Publié le 13/10/26 12:18
Dr Ange Ponou
SN
CEMAC