Réuni ce 1er avril 2026 en Conseil des ministres, l'exécutif ivoirien a entériné la ratification de deux accords de prêt structurants, mobilisant au total plus de 25 milliards FCFA au profit du Projet d'Appui à la Gouvernance pour une Croissance Inclusive, plus connu sous l'acronyme PAGOCI.
Cette décision traduit une ambition clairement affichée par les autorités : ‘'bâtir une croissance économique forte, inclusive et durable'', en s'attaquant aux ressorts profonds de l'efficacité de l'action publique.
Un double levier financier au service de la réforme de l'État
Le premier accord, conclu avec le Fonds africain de développement (FAD), porte sur un montant de 8,33 millions d'unités de compte, soit environ 6,39 milliards FCFA. Le second, signé avec la Banque africaine de développement (BAD), mobilise 29,19 millions d'euros, équivalant à près de 19,15 milliards FCFA.
Ces deux financements, conclus le 20 janvier 2026, révèlent une convergence d'intérêts entre Abidjan et ses partenaires techniques et financiers autour du chantier de la transformation en profondeur des mécanismes de gouvernance économique.
Mobilisation des ressources et discipline budgétaire au cœur du dispositif
Au-delà des montants engagés, c'est la philosophie même du PAGOCI qui retient l'attention. Le projet entend agir simultanément sur deux leviers essentiels : ‘'une mobilisation accrue des ressources intérieures'' et ‘'l'engagement efficient de la dépense publique''.
Autrement dit, il s'agit pour l'État ivoirien de mieux collecter l'impôt, tout en optimisant l'allocation des ressources publiques. Une équation classique, mais déterminante dans un contexte où les marges de manœuvre budgétaires restent limitées par les impératifs d'investissement et de soutenabilité de la dette.
Le PAGOCI prévoit un renforcement substantiel des capacités administratives, avec un accent particulier sur la planification stratégique, la programmation budgétaire et le suivi-évaluation des politiques publiques. L'objectif est de doter l'administration d'outils modernes capables d'améliorer la qualité de la dépense et d'en mesurer l'impact réel.
Dans cette perspective, le Conseil met en avant ‘'le renforcement des capacités de l'Administration en matière de planification stratégique, de programmation et de suivi-évaluation des politiques publiques'', un triptyque devenu incontournable dans les standards internationaux de gestion publique.
Autre inflexion notable, l'intégration systématique de la dimension genre dans les politiques budgétaires. Le projet prévoit en effet ‘'l'inclusion active de la dimension genre dans les outils de planification et de gestion des finances publiques''.
Ce choix traduit une évolution progressive vers une budgétisation sensible au genre, visant à corriger les inégalités structurelles et à améliorer l'efficacité sociale de la dépense publique.
Publié le 02/04/26 11:22
La Rédaction
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CEMAC