Le gouvernement ivoirien a adopté le mercredi 14 octobre 2026 à Abidjan un décret capital fixant les modalités financières de libération des fréquences 5G. Cette décision vise à accélérer la modernisation numérique du pays grâce à un accompagnement de l'État. En clair, elle permet de libérer la bande stratégique comprise entre 3 300 et 3 600 MHz, correspondant aux voies radio indispensables au fonctionnement de la 5G.
Dans les années 90, la 2G permettait seulement d'appeler et d'envoyer des SMS. Dans les années 2000, la 3G a apporté Internet pour lire ses e-mails sur mobile. Puis, la 4G a tout changé en rendant l'Internet rapide, ce qui a permis de regarder des vidéos et d'utiliser facilement toutes nos applications actuelles.
Par rapport à ces générations, la 5G constitue un bond en avant en apportant trois avantages majeurs : une vitesse d'Internet très rapide sur mobile, aucun temps d'attente lors des échanges de données (très utile pour la médecine à distance) et la possibilité de connecter énormément d'appareils en même temps. Grâce à ces atouts, la Côte d'Ivoire entend moderniser le quotidien des populations, améliorer l'enseignement à distance et aider les agriculteurs à mieux gérer leurs récoltes.
Si la feuille de route initiale prévoyait un lancement de la 5G dès le début de l'année 2023, à l'occasion de la Coupe d'Afrique des Nations disputée en Côte d'Ivoire, les discussions entre l'ARTCI et les opérateurs, poursuivies jusqu'en 2025, ont repoussé les échéances.
Ce retard s'explique principalement par la complexité du réaménagement de cette bande de fréquences, déjà occupée par d'autres fournisseurs. Les autorités devaient également s'assurer de réserver un espace suffisant, une largeur de bande minimale de 100 MHz, afin d'offrir les débits Internet les plus élevés possibles à l'ensemble des utilisateurs.
Dans cette optique, l'attribution préalable de réseaux pilotes dans des villes stratégiques, telles qu'Abidjan et Yamoussoukro, a servi de phase préparatoire pour ajuster les exigences techniques.
Aujourd'hui, ce nouveau cadre réglementaire permet de lever définitivement les obstacles financiers et d'entamer une couverture progressive de toutes les communes de plus de 25 000 habitants. Cette initiative vise particulièrement à renforcer la stratégie nationale de développement numérique, articulée autour de six axes majeurs, dont l'extension du réseau national de fibre optique.
Par ailleurs, le Programme national de connectivité rurale dispose d'un budget de 28 milliards de FCFA pour favoriser l'inclusion numérique. Enfin, comme près de 47% de la population vit encore dans des zones rurales mal couvertes par les réseaux terrestres, la 5G pourra être complétée par les satellites en orbite basse, tels que Starlink, lancé en Côte d'Ivoire depuis juillet 2026. Cette combinaison technologique permettra d'offrir une connexion Internet fiable sur l'ensemble du territoire.
Anselme Akéko
Publié le 15/10/26 16:10
La Rédaction
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