Ils couvrent ensemble 675 000 hectares de zones boisées et devraient permettre de retirer plus de 50 millions de tonnes de gaz à effet de serre de l'atmosphère sur leur durée opérationnelle. L'Alliance a été lancée lors de la Climate Week de New York en 2024. Elle cible les écosystèmes de Miombo, un ensemble forestier qui fait vivre plus de 300 millions de personnes en Afrique mais subit une pression croissante liée à la déforestation, à la conversion des terres et aux aléas climatiques. Le modèle repose sur les marchés carbone volontaires comme principal canal de financement.
"Nous voyons vraiment les marchés du carbone comme essentiels, car ils permettent de canaliser le capital du secteur privé d'une manière qui rend ces projets durables à long terme ", a déclaré à Reuters Hannah Hauman, responsable du trading carbone chez Trafigura. Le groupe doit ancrer le financement initial et partager ensuite les risques avec d'autres partenaires privés.
Le développement technique et la coordination des parties prenantes sont assurés avec l'appui de l'International Conservation Caucus Foundation et de Conservation International. Pour les États partenaires, le schéma doit permettre de valoriser le capital naturel, tout en mettant en place des infrastructures nationales de marché carbone compatibles avec les engagements climatiques.
Les projets intègrent des mécanismes de partage des revenus entre gouvernements, communautés locales et petits exploitants. Selon les structures retenues, les acteurs locaux devraient capter entre 10 % et 60 % des recettes issues des crédits. Environ 100 000 membres de communautés et agriculteurs sont attendus dans les dispositifs, afin de lier la restauration des terres aux revenus ruraux.
Au Malawi, un programme de restauration dépasse à lui seul 550 000 hectares et s'appuie sur l'une des plus grandes pépinières d'espèces indigènes du continent. En Zambie, un projet d'agroforesterie doit réhabiliter des terres agricoles dégradées et améliorer la productivité et la résilience d'environ 45 000 agriculteurs.
Les crédits générés sont présentés comme positionnés sur le segment premium du marché volontaire, en fonction des méthodologies de vérification, des garanties de permanence et des co-bénéfices. Des crédits comparables se sont déjà échangés au-delà de 50 dollars la tonne. À ce niveau de prix, la valeur cumulée des quatre premiers projets dépasserait 2,5 milliards de dollars sur leur durée de vie.
Trafigura devrait aussi soutenir la commercialisation internationale des crédits, avec un ciblage des stratégies d'entreprises sur leurs émissions Scope 3 et des programmes d'achats souverains de compensations.
Après cette première phase en Afrique orientale et australe, le pipeline de projets inclut l'Angola, le Botswana, la Namibie, le Zimbabwe, la République du Congo, la RDC et l'Afrique du Sud. Les deux Congo figurent ainsi parmi les pays appelés à intégrer cette nouvelle offre africaine de crédits de suppression de carbone à grande échelle, au croisement des marchés financiers, du climat et de la gestion des ressources naturelles.
Publié le 30/01/26 15:09
La Rédaction
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CEMAC