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Cybersécurité : Qui du FBI ou des autorités ghanéennes a vraiment dirigé l’opération Blackout à Accra ?

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Qui du Bureau fédéral d'investigation américain (FBI) ou de la Cyber Security Authority (CSA), l'Autorité ghanéenne de cybersécurité, a vraiment dirigé l'opération Blackout dans la région du Grand Accra ? Difficile d'ignorer cette interrogation après la vive réaction de la CSA, ce lundi 12 octobre 2026, suite à la diffusion d'un compte rendu de la police fédérale américaine sur le démantèlement d'un réseau de fraudeurs dans la capitale ghanéenne.

De fait, l'organe de régulation du cyberespace ghanéen conteste la lecture donnée par Kash Patel, directeur du FBI. Alors que la police américaine présente cette intervention comme une action menée sous son leadership, la CSA affirme haut et fort que cette mission, baptisée aussi Cyber Hunt, a été pensée, organisée et exécutée sous le commandement exclusif des forces locales afin d'arrêter des escrocs en ligne et de secourir des victimes.

Points de friction

Au cœur de cette dispute se trouve d'abord la question de l'autorité sur le terrain et du respect de la souveraineté. L'organisme de cybersécurité ghanéen a rappelé avec fermeté que les forces étrangères ne possèdent aucun pouvoir de police sur le sol du pays. Certes, le Ghana reconnaît avoir bénéficié de renseignements et d'un appui logistique fournis par les équipes américaine et britannique. Mais le pays exige que le rôle central de ses propres services soit pleinement reconnu au lieu d'être relégué au second plan.

Les chiffres annoncés au public constituent un autre point de désaccord majeur. Du côté américain, on parle globalement de plus de 130 personnes arrêtées ou détenues. Les autorités ghanéennes apportent une précision essentielle en séparant les coupables des victimes. Elles indiquent avoir arrêté 8 suspects et secouru 120 personnes qui étaient captives et forcées de travailler dans ces réseaux de fraude en ligne. Les Américains intégraient ces personnes libérées dans leur total global de personnes interpellées.

Le bilan matériel de la perquisition montre aussi des différences de comptage. Les agents ghanéens recensent précisément 136 téléphones, 130 ordinateurs portables, 4 véhicules, des bijoux et 10 passeports saisis dans plusieurs appartements. De son côté, la police américaine annonce globalement plus de 300 appareils confisqués et estime les pertes financières des victimes à près de 10 millions USD.

En tout état de cause, cette friction met en lumière une tension claire entre la volonté d'affichage des services américains dans leur lutte internationale et l'exigence du Ghana de préserver son image et d'affirmer sa souveraineté judiciaire.

Alors que les enquêtes se poursuivent sur les matériels confisqués, les autorités ghanéennes organisent le retour dans leur pays des personnes libérées, en majorité nigérianes, tout en exigeant un partenariat international plus respectueux du rôle de chacun.

Anselme Akéko

Publié le 12/10/26 15:15

La Rédaction

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