Didier Assemian, directeur des prestations chez GNA-CI :
Un assureur se juge le jour du sinistre
GNA-CI, deuxième assureur IARDT de Côte d'Ivoire et de la zone CIMA, lance officiellement en octobre 2026 l'indemnisation en " 0 sec " dans son Centre d'Indemnisation Accélérée (C.I.A.). Créé en 2020 et dédié au règlement rapide des sinistres automobiles, le dispositif est déployé sur quatre sites à Abidjan, San-Pedro et Bouaké. Didier Assemian, Directeur Prestations de la compagnie, en détaille le fonctionnement, le périmètre et les engagements.
Qu'est-ce que le Centre d'Indemnisation Accélérée, concrètement ?
Un assureur se juge le jour du sinistre. Le reste du temps, il vend une promesse.
Un assureur se juge le jour du sinistre. Le reste du temps, il vend une promesse. Le C.I.A. est notre réponse à ce jour-là : un lieu, une équipe et une procédure réunis pour régler un sinistre automobile sans faire revenir le client. La déclaration, l'expertise, la décision et le règlement se font au même endroit. Nous avons supprimé les allers-retours, parce que c'est là que le temps se perd.
Vous annoncez une indemnisation en " 0 sec ". Que mesure exactement ce chiffre ?
Une fois le sinistre validé, le règlement est remis immédiatement, sur place.
Il mesure l'attente entre la validation du dossier et le paiement. Une fois le sinistre validé, le règlement est remis immédiatement, sur place. Je le précise parce que le mot compte : nous ne promettons pas un dossier instruit en zéro seconde. Nous promettons qu'un dossier validé n'attend plus.
Le C.I.A. existait déjà. Qu'est-ce qui change ?
La décision de paiement se prend désormais dans chaque centre, au plus près de l'assuré
Depuis 2020, le C.I.A. réglait un sinistre automobile en moins de quatre heures. Nous avons analysé le déroulé de ces quatre heures, étape par étape, et retiré ce qui ne servait pas le client. Deux évolutions ont fait la différence : la décision de paiement se prend désormais dans chaque centre, au plus près de l'assuré ; et le règlement peut être versé par mobile money.
Payer vite, n'est-ce pas contrôler moins ?
Non, et c'est le point auquel je tiens le plus. Les contrôles sont les mêmes ; ils sont faits plus tôt et au même endroit. Pièces, expertise, vérification des garanties : tout est réuni avant la décision. Un dossier incomplet, ou qui appelle une investigation, suit le circuit classique. La vitesse vient de l'organisation, pas d'une vigilance allégée ou d'une précipitation.
Quels sinistres sont concernés ?
Trois situations ouvrent l'accès au C.I.A. La première : l'assuré n'est pas responsable de l'accident et a souscrit la garantie Avance sur recours. Nous l'indemnisons, puis nous exerçons nous-mêmes le recours. La deuxième : l'assuré est couvert en Dommages Tous Accidents. La troisième : l'accident implique deux assurés GNA-CI, même en Recours simple. Une condition pratique s'ajoute : le véhicule doit pouvoir se présenter au centre, les véhicules remorqués n'y sont pas traités. Les dossiers corporels ou complexes suivent un circuit et des délais qui leur sont propres ; nous ne prétendons pas le contraire.
Pourquoi San-Pedro et Bouaké, en plus d'Abidjan ?
Parce qu'un véhicule en attente de réparation coûte autant à San-Pedro qu'à Marcory. Pour un transporteur, un commerçant ou une PME, chaque jour d'attente est un jour sans recette. San-Pedro vit de son port, Bouaké est un carrefour routier : ce sont des villes où le véhicule est un outil de travail. Le paiement s'y décide sur place, sans remonter à Abidjan.
Que coûte cette rapidité à la compagnie ?
Nous traitons le délai de règlement comme un indicateur de gestion, pas comme un argument publicitaire.
Moins qu'on ne le croit. Un sinistre dû est déjà provisionné : le payer plus tôt change la date, pas le montant. À l'inverse, un dossier qui dure génère des relances, des réclamations et des coûts supplémentaires de gestion. Un client indemnisé sans attendre, a toutes les raisons de rester. Nous traitons le délai de règlement comme un indicateur de gestion, pas comme un argument publicitaire.
À quoi mesurerez-vous que le dispositif tient ses engagements ?
Nous nous présentons comme la vitamine de l'assurance.
Au chronomètre, dossier par dossier. Notre référence est notre propre historique : moins de quatre heures hier, zéro attente après validation aujourd'hui. Une semaine après la mise en œuvre, plus d'une dizaine d'assurés ont été indemnisés sur place, sans délai d'attente. Nous nous présentons comme la vitamine de l'assurance. Une vitamine se juge à ses effets, pas à son emballage.
Publié le 15/10/26 15:12
La Rédaction
SN
CEMAC