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Eniva Petroleum, Coreg, ... : Quand le Gabon mise sur les “juniors” pour optimiser sa production

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La signature, le 16 janvier dernier, d'un Contrat d'Exploitation et de Partage de Production (CEPP) entre l'État gabonais et Eniva Petroleum marque bien plus qu'une simple entrée d'un nouvel opérateur dans l'amont pétrolier. Avec une ambition annoncée d'environ 1 300 barils/jour dès la mise en production des premières découvertes, ce contrat confirme une inflexion assumée de la politique pétrolière nationale : face au déclin structurel des champs matures, le Gabon ne parie plus uniquement sur une grande découverte salvatrice, mais sur l'addition de volumes modestes, rapides à mobiliser, portés par des acteurs de taille intermédiaire ou émergents.

Pris isolément, le projet Eniva ne bouleverse pas l'équation nationale. Rapporté à une production gabonaise estimée autour de 100 000 à 110 000 barils/jour, l'apport potentiel représente à peine plus de 1 % du total. Mais c'est précisément cette logique qui est désormais recherchée par l'État pour ralentir l'érosion des volumes, maintenir un socle de recettes et préserver l'attractivité du bassin gabonais en attendant que l'offshore profond, bien plus capitalistique et plus risqué, produise des résultats concrets.

Il faut dire que depuis fin 2024, les autorités multiplient les contrats avec des opérateurs qualifiés de “juniors”, capables de reprendre ou d'explorer des périmètres délaissés par les majors. Business Oil Africa (BOA) a ainsi obtenu des contrats sur des blocs offshore peu profonds, misant sur une montée en production progressive. De son côté, Coreg a signé en 2025 plusieurs CEPP, aussi bien onshore qu'offshore, traduisant la volonté de l'administration d'élargir la base des opérateurs actifs et de densifier le portefeuille de projets.

À cette vague s'ajoute Pelgrim Exploration, acteur international de taille modeste, positionné sur des blocs encore peu explorés et mettant en avant un potentiel géologique sous-exploité. Là encore, la logique est cohérente : confier à des structures plus agiles des projets que les grands groupes jugent trop petits ou trop risqués, en échange de conditions contractuelles incitatives mais encadrées.

Pour l'État, ces CEPP constituent autant de paris calculés. Chacun pris séparément est limité, mais leur cumul peut amortir le déclin naturel de la production. En attendant les retombées hypothétiques de l'offshore profond que pourrait porter des majors comme ExxonMobil et Total Energie, Libreville mise donc sur une vague de CEPP “juniors” pour maintenir la dynamique pétrolière, soutenir les recettes publiques et afficher une activité contractuelle soutenue.

Idrissa Diakité

Publié le 19/01/26 10:05

La Rédaction

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