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Fintech : 90% des fraudeurs opèrent avec un smartphone (Rapport)

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Aujourd'hui, 9 tentatives de fraude sur 10 proviennent d'un appareil mobile, ce qui représente une hausse de 5 points par rapport à l'année 2025. Cette statistique marquante est issue d'une étude mondiale sur la fraude dans le secteur de la fintech.

Publiée début octobre 2026, elle s'appuie sur l'analyse approfondie des données de 370 institutions financières et de plus de 760 millions d'utilisateurs répartis dans 21 pays.

Alerte en Afrique

Cette prédominance du smartphone dans les escroqueries fait directement écho à trois réalités majeures en Afrique de l'Ouest. D'abord, la région repose sur un paysage numérique exclusivement tourné vers le téléphone intelligent, c'est-à-dire une approche axée en priorité sur le mobile (Mobile-First). Avec 248 millions d'abonnés mobiles uniques en Afrique de l'Ouest en 2025 selon la GSMA, la majorité des citoyens accède au monde virtuel uniquement par ce canal.

Ensuite, l'essor des services financiers mobiles constitue le véritable moteur de cette transformation. En d'autres termes, les comptes mobile money et les applications de paiement sont devenus des outils du quotidien. En 2025, l'Afrique de l'Ouest comptait 97 millions d'utilisateurs actifs réguliers (effectuant paiements, transferts et retraits), ce qui déplace naturellement l'attention des réseaux criminels vers ces plateformes.

Enfin, cette configuration crée une vulnérabilité ciblée. Clairement, les criminels n'ont plus besoin d'équipements informatiques complexes : ils exploitent directement les faiblesses humaines au moyen de simples messages ou d'appels entrants.

Le cas nigérian

Le rapport s'attarde sur le Nigeria à travers le témoignage d'Erin West, directrice d'Operation Shamrock. Après une immersion à Lagos et Abuja, l'ex-procureure américaine rappelle que les escrocs locaux, les Yahoo Boys, n'ont pas besoin d'infrastructures lourdes : un simple smartphone, un scénario rodé et des comptes bancaires leur suffisent.

Son constat renforce les conclusions de l'enquête. Aussi Erin West met-elle en garde les institutions financières : " Si la stratégie antifraude d'un établissement financier s'est peu à peu transformée en stratégie centrée sur la fraude liée aux cryptomonnaies, il risque donc de passer à côté des canaux que ces escrocs utilisent déjà. Il ne s'agit pas de cesser de surveiller les cryptomonnaies, mais de ne pas perdre de vue l'argent qui circule dans des systèmes que les banques ont déjà sous les yeux. " C'est-à-dire le transfert d'argent par téléphonie mobile.

‘'À l'arrivée, l'argent transite souvent par des comptes de mules, notamment des portefeuilles fintech qu'un simple numéro de téléphone suffit parfois à ouvrir. Avec un seul appareil, un escroc peut gérer des comptes sous plusieurs identités'', révèle Erin West.

Réaction des banques

Face à cette menace, les établissements bancaires peuvent agir efficacement à des moments clés du parcours utilisateur. Au lieu de bloquer brutalement une opération au dernier moment, ils doivent analyser les signaux comportementaux dès l'ouverture de la session.

Dès la connexion, la présence d'un appel téléphonique actif ou d'un logiciel de prise en main à distance constitue une première alerte. Lors de la consultation du solde, des temps d'inactivité prolongés indiquent souvent que la victime reçoit des consignes en direct. Par la suite, au moment d'ajouter un nouveau destinataire ou d'effectuer un transfert, des hésitations, des saisies de coordonnées par groupes de trois chiffres ou des gestes nerveux sur l'écran tactile révèlent que l'utilisateur agit sous la contrainte.

En affichant des messages ciblés ou des questions adaptées à ces instants précis, les banques instillent un doute salutaire et aident la personne à reprendre le contrôle de ses choix.

Menaces globales

Outre la poussée des transactions mobiles, ce rapport sur les arnaques mondiales met en lumière d'autres chiffres représentatifs de la menace globale. Bien que le volume total des arnaques affiche une progression de 35 % sur un an, certaines catégories enregistrent une évolution particulièrement marquée. Les escroqueries à l'achat demeurent les plus fréquentes et représentent 33 % de l'ensemble des cas recensés.

En revanche, les fraudes à l'investissement s'avèrent les plus destructrices sur le plan financier, avec un préjudice moyen de 6 600 USD par dossier, soit environ cinq fois plus que la moyenne générale. Les pièges liés aux fausses offres d'emploi connaissent la plus forte accélération, enregistrant un bond de plus de 258 % en un an. Enfin, les arnaques sentimentales continuent de progresser avec une hausse de 23 % des tentatives recensées.

Anselme Akéko

Publié le 05/10/26 12:30

La Rédaction

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