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Gabon : 1,5 milliard USD levés mais des investisseurs qui exigent toujours près de 12% de rendement sur la dette

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Le Gabon a réussi son retour sur les marchés financiers internationaux, mais le coût auquel les investisseurs valorisent sa dette demeure élevé. Après avoir levé 920 millions de dollars en juillet 2026, le gouvernement a réalisé une nouvelle émission de 580 millions de dollars le 14 octobre, portant à 1,5 milliard de dollars, soit environ 870 milliards FCFA, les financements obligataires internationaux mobilisés en moins de trois mois. Ces opérations témoignent de l'intérêt retrouvé des investisseurs pour les titres gabonais. Pourtant, les dernières cotations disponibles montrent que ces derniers continuent d'exiger une rémunération importante pour détenir la dette souveraine du pays.

Selon les données publiées par la plateforme financière MSA Trader, le rendement indicatif de l'Eurobond gabonais arrivant à échéance en 2034 atteignait 11,958% le 16 octobre 2026, pour un prix estimé à 88,02% de sa valeur nominale. Les obligations remboursables en 2031 affichaient, quant à elles, des rendements compris entre 11,05% et 11,13%. Ces niveaux montrent que les investisseurs restent prudents malgré l'amélioration récente des valorisations. En effet, lorsque le prix d'une obligation diminue sur les marchés, son rendement augmente pour les nouveaux acheteurs. Des cotations qui sont toutefois indicatives et ne correspondent pas nécessairement à des transactions réalisées.

Cette situation mérite d'être distinguée des conditions auxquelles Libreville a effectivement emprunté. Les deux émissions de juillet et d'octobre sont assorties d'un coupon annuel de 9,375%, qui détermine les intérêts contractuels versés aux détenteurs des titres. Le rendement de près de 12% observé sur le marché secondaire ne signifie donc pas nécessairement que l'État paie désormais ce taux sur les emprunts déjà émis, il reflète plutôt le prix auquel les investisseurs sont disposés à valoriser ces obligations. Un indicateur qui reste néanmoins important pour le gouvernement, tant il peut influencer les conditions financières de ses futurs emprunts internationaux.

Le Gabon a pourtant enregistré quelques évolutions favorables au cours des dernières semaines. Selon le ministère de l'Économie et des Finances, la nouvelle émission d'octobre a attiré près d'un milliard de dollars d'ordres, soit presque deux fois le montant recherché. Sa prime de risque a également diminué d'environ 50 points de base par rapport à l'opération de juillet, alors même que la durée de remboursement est passée de sept à huit ans. Sur le marché secondaire, les rendements des obligations arrivant à échéance en 2031 ont également reculé de plus de 30 points de base entre le 12 et le 16 octobre. Ces changements traduisent une amélioration des conditions de marché, sans effacer pour autant, le coût élevé du risque souverain gabonais.

Pour les finances publiques, cette situation représente un enjeu stratégique à l'approche de 2027. Le projet de budget prévoit déjà 667,3 milliards FCFA de charges financières de la dette, en augmentation de près de 37% par rapport aux prévisions révisées de 2026. Parallèlement, l'État envisage de mobiliser plus de 1 100 milliards FCFA sur les marchés financiers internationaux l'année prochaine. Dans ces conditions, la capacité du Gabon à obtenir des financements à des taux moins élevés pèsera directement sur le coût de son endettement futur. Les discussions avec le Fonds monétaire international, la maîtrise des dépenses publiques et l'amélioration de la gestion de la dette figurent parmi les facteurs susceptibles de rassurer davantage les créanciers.

Idrissa Diakité

Publié le 19/10/26 10:24

La Rédaction

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