Le Gabon prévoit de mobiliser 2 931,4 milliards FCFA de ressources de trésorerie et de financement en 2027 pour compléter les recettes de l'État et assurer l'équilibre de son budget. Le projet de loi de finances adopté en Conseil des ministres le 18 septembre arrête le budget à 6 223,1 milliards FCFA, contre 5 495,2 milliards dans la loi de finances rectificative 2026. Les recettes de l'État sont, elles, attendues à 3 291,7 milliards FCFA. Les ressources de trésorerie et de financement représenteraient ainsi environ 47% de l'ensemble des ressources inscrites dans le tableau d'équilibre.
Le détail du plan de financement donne la mesure des montants à rechercher. Le gouvernement prévoit 600 milliards FCFA d'appuis budgétaires, 287,3 milliards de prêts-projets et 300 milliards de dette bancaire. S'y ajoutent 600 milliards à mobiliser sur le marché financier sous-régional et surtout 1 144,1 milliards FCFA sur le marché financier international. À eux seuls, les marchés financiers domestique ou sous-régional et international devraient donc fournir jusqu'à 1 744,1 milliards FCFA en 2027.
Le recours aux financements progresserait sensiblement par rapport à 2026. Dans la loi de finances rectificative, les ressources de trésorerie et de financement étaient évaluées à 2 251,8 milliards FCFA. Elles augmenteraient donc de 679,6 milliards, soit un peu plus de 30%, en 2027. Dans le même temps, les recettes de l'État ne progresseraient que de 48,3 milliards FCFA, passant de 3 243,5 à 3 291,7 milliards. La hausse du tableau d'équilibre budgétaire entre 2026 et 2027 provient ainsi très largement de l'augmentation des ressources de financement, et beaucoup moins de celle des recettes attendues. La loi de finances rectificative 2026 avait déjà porté ces ressources de trésorerie et de financement à 2 251,8 milliards, notamment sous l'effet d'un recours intensif aux titres publics.
Cette mobilisation répond également à des échéances financières importantes. Les charges de trésorerie et de financement sont projetées à 2 022,4 milliards FCFA en 2027, contre 1 336,2 milliards dans le collectif 2026, soit 686,2 milliards supplémentaires. Sur cette enveloppe, 1 879,5 milliards FCFA correspondent à l'amortissement de la dette et 142,9 milliards à l'apurement des arriérés. L'amortissement représente ainsi près de 93% de ces charges. En parallèle, le budget doit financer 4 200,7 milliards FCFA de dépenses budgétaires, dont 1 058,4 milliards d'investissements.
Le financement constituera donc l'un des principaux paramètres d'exécution du budget 2027. Le précédent de 2026 montre par ailleurs combien le cadrage peut évoluer : le budget initial avait été arrêté à 6 358,2 milliards FCFA avant d'être ramené à 5 495,2 milliards dans le collectif budgétaire de mai, soit une réduction de 862,9 milliards. Pour 2027, l'exécution dépendra donc notamment de la concrétisation des appuis budgétaires et de la capacité du Trésor à réaliser les opérations prévues sur les différents marchés.
Idrissa Diakité
Publié le 21/09/26 09:03
La Rédaction
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