menu mobile
L’information économique au cœur des marchés africains

Gabon : Oligui Nguema remanie son gouvernement mais maintient son équipe financière et réorganise l’Industrie

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ouvre dans 10h50min

Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a procédé, le 11 octobre 2026, à un remaniement gouvernemental qui préserve les principaux responsables de la politique économique et financière du Gabon, tout en redistribuant plusieurs portefeuilles stratégiques. La nouvelle équipe, toujours dirigée par Hermann Immongault, compte désormais 32 membres contre 30 en janvier, avec huit nouvelles personnalités, cinq départs et cinq changements de portefeuille. Thierry Minko conserve le ministère de l'Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, tandis que Louise Pierrette Mvono reste à la Planification. Clotaire Kondja et Sosthène Nguema Nguema demeurent respectivement chargés du Pétrole et des Mines. Une stabilité relative qui intervient à un moment particulièrement sensible pour les finances publiques, alors que Libreville prépare un budget de 6 223,1 milliards FCFA en 2027 et cherche à sécuriser ses financements auprès des investisseurs et des partenaires internationaux.

La reconduction de Thierry Minko constitue l'un des principaux marqueurs économiques de ce remaniement. Le ministre conserve la responsabilité d'un projet de budget 2027 en augmentation de 727,9 milliards FCFA par rapport à la loi de finances rectificative de 2026. Les ressources de trésorerie et de financement attendues atteignent 2 931,4 milliards FCFA, dont 1 144,1 milliards à mobiliser sur les marchés financiers internationaux et 600 milliards sur le marché régional ou intérieur. Dans le même temps, les charges financières de la dette doivent progresser de 487,6 à 667,3 milliards FCFA. La continuité à la tête des Finances intervient également après la mission technique du Fonds monétaire international, achevée le 25 septembre, consacrée notamment à l'audit de la dette, aux perspectives budgétaires et aux réformes des finances publiques. Autre ajustement, Marc Abeghe demeure ministre délégué auprès de Thierry Minko, mais son portefeuille ne mentionne plus le Budget et porte désormais sur la lutte contre la vie chère.

L'industrie désormais au Commerce et à la transformation

La principale recomposition économique concerne l'Industrie, désormais réunie au Commerce et à la Transformation. Le départ de Lubin Ntoutoume, précédemment chargé de l'Industrie et de la Transformation locale, s'accompagne de la nomination d'Emmanuel Eyeghe Nze à la tête d'un ministère regroupant ces compétences, auquel s'ajoute le porte-parolat du gouvernement. Parallèlement, les PME-PMI et l'Entrepreneuriat disposent d'un portefeuille distinct, confié à Zenaba Gninga Chaning. Cette réorganisation intervient alors que le Gabon cherche à développer la transformation locale de ses ressources minières, forestières et agricoles. Le projet de budget 2027 repose notamment sur une production de manganèse attendue à 10,35 millions de tonnes et sur le démarrage d'une production de minerai de fer estimée à 1,5 million de tonnes. La nouvelle organisation devra articuler politique commerciale, développement industriel et accompagnement des entreprises, trois dimensions essentielles pour augmenter la valeur ajoutée produite sur le territoire.

Les changements touchent également deux ministères directement responsables de l'exécution des investissements publics : l'Énergie et les Travaux publics. Olivier Mouckocko succède à Philippe Tonangoye à l'Accès universel à l'Eau et à l'Énergie, tandis que Lambert Mouvinde Millot prend la direction des Travaux publics et de la Construction. Ulrich Manfoumbi Manfoumbi conserve pour sa part les Transports, la Marine marchande et la Logistique, avec le rang de ministre d'État, alors que Mays Mouissi reste au Logement, à l'Habitat, à l'Urbanisme et au Cadastre. Cette nouvelle répartition intervient dans un contexte de fortes ambitions infrastructurelles, mais aussi de contraintes budgétaires. Le projet de loi de finances 2027 prévoit 1 058,4 milliards FCFA de dépenses d'investissement, contre 1 169,1 milliards dans le collectif budgétaire 2026. Les nouveaux responsables devront ainsi piloter des chantiers prioritaires dans l'électricité, les routes et la construction, avec une enveloppe d'investissement prévue en recul de 110,7 milliards FCFA.

Au-delà des nominations, ce remaniement intervient au moment où le gouvernement entre dans une phase décisive du financement de son Plan national de croissance et de développement 2026-2030. Le programme représente 27 000 milliards FCFA d'investissements à mobiliser sur cinq ans, dont 10 000 milliards attendus du budget de l'État et 17 000 milliards du secteur privé et des financements innovants. La reconduction de Thierry Minko aux Finances, de Louise Pierrette Mvono à la Planification, ainsi que des ministres du Pétrole et des Mines, assure une continuité dans la conduite des dossiers financiers et extractifs. Mais le regroupement de l'Industrie et du Commerce, le changement de responsables dans l'Énergie et les Travaux publics et la création d'un portefeuille autonome pour les PME modifient les circuits de décision sur les investissements.

Publié le 11/10/26 20:06

La Rédaction

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

q9DlkJLXVV-c9P830GW_ZRyEjo0MXt5JySNsIecRC4U False