Le Gabon devra faire face à une nouvelle série d'échéances financières auprès du Fonds monétaire international (FMI) en 2027. Selon les projections de l'institution arrêtées au 30 septembre 2026, les paiements programmés pour l'année prochaine atteignent 106,22 millions de droits de tirage spéciaux (DTS), soit environ 143,8 millions de dollars. Cette somme comprend les remboursements du capital emprunté ainsi que les intérêts et autres charges associés aux crédits existants. Ces engagements rejoignent un contexte de fortes sollicitations de la trésorerie publique, alors que Libreville doit simultanément assurer le service de sa dette, financer ses dépenses courantes et mobiliser les ressources nécessaires à ses investissements.
Dans le détail, 89,41 millions de DTS, soit près de 121 millions de dollars, correspondent aux remboursements du principal attendus en 2027. Les 16,82 millions de DTS restants, équivalant à environ 22,8 millions de dollars, concernent les intérêts et autres charges financières. Le remboursement du principal représente ainsi près de 84% du total des paiements programmés, contre environ 16% pour les charges et frais. Cette répartition souligne que l'essentiel des sorties de fonds prévues auprès du FMI correspond à l'amortissement d'engagements déjà contractés. Des montants qui constituent des échéances prévisionnelles.
Ces remboursements s'inscrivent dans une trajectoire de réduction de l'encours des crédits du FMI au Gabon. Celui-ci est passé de 357,06 millions de DTS fin mars 2026 à 319,05 millions fin août, soit une diminution de 38,01 millions de DTS, équivalant à environ 51,4 millions de dollars au taux de conversion retenu. À fin septembre, l'encours est demeuré stable à 319,05 millions de DTS, soit près de 432 millions de dollars. La baisse enregistrée sur cinq mois représente ainsi 10,6% du stock de crédits restant dû à l'institution. Les échéances programmées pour 2027 prolongent cette logique d'amortissement, même si leur réalisation effective dépendra du calendrier des paiements et de l'évolution des engagements du pays auprès du Fonds.
La contrainte apparaît plus nettement à la lecture du cadrage budgétaire gabonais pour 2027. Le projet de budget présenté en Conseil des ministres le 18 septembre 2026 prévoit 6 223,1 milliards FCFA de ressources et de charges, tandis que les intérêts de la dette publique devraient atteindre 667,3 milliards FCFA, en progression de 179,7 milliards par rapport aux prévisions rectifiées de 2026. Les ressources de trésorerie et de financement sont évaluées à 2 931,4 milliards FCFA, dont 1 144,1 milliards à mobiliser sur les marchés financiers internationaux. Dans cette configuration, les échéances envers le FMI constituent une composante supplémentaire du calendrier de service de la dette.
A noter que la situation actuelle intervient alors que le Gabon a officiellement sollicité, en mars 2026, un nouveau programme auprès du FMI. Pour Libreville, l'enjeu consiste à poursuivre l'apurement de ses engagements existants tout en recherchant un cadre de coopération susceptible d'accompagner les réformes des finances publiques et de renforcer la confiance des partenaires financiers. Les près de 144 millions de dollars de paiements prévus en 2027 illustrent ainsi l'une des contraintes auxquelles devra répondre la stratégie de financement de l'État.
Idrissa Diakité
Publié le 10/10/26 12:38
La Rédaction
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