La Guinée équatoriale vient d'ajouter un nouveau maillon à la liaison routière appelée à renforcer les connexions entre son réseau intérieur, sa façade maritime et, à terme, le Gabon. Le président Obiang Nguema Mbasogo a inauguré, le 27 septembre, le tronçon Akurenam-Kogo, une route longue de 116 kilomètres construite depuis 2022 par China Road pour un coût de 198 milliards FCFA.
Au-delà de son intérêt pour la desserte intérieure, cette infrastructure s'inscrit dans une logique plus large d'intégration régionale. Le corridor Kogo-Akurenam figure en effet parmi les infrastructures retenues dans le cadre des projets intégrateurs de la CEMAC. Son prolongement vers le Gabon doit contribuer à assurer une continuité routière entre les deux pays et à faciliter la circulation des personnes et des marchandises.
Côté gabonais, le projet Kougouleu-Medouneu-Akurenam prévoit la construction d'un axe de 168 kilomètres. Cette liaison doit compléter la connexion terrestre entre le Gabon et la Guinée équatoriale et donner une dimension transfrontalière au tronçon récemment inauguré par Malabo.
Dans les documents consacrés aux projets intégrateurs de la CEMAC, cet axe est présenté comme un maillon du corridor transafricain Libreville-Bata, dont le développement doit faciliter les déplacements, la logistique et les échanges commerciaux dans cette partie de l'Afrique centrale.
Dans cette architecture régionale, la route Akurenam-Kogo constitue donc le segment équato-guinéen d'une liaison appelée à relier plus efficacement l'intérieur des deux pays à leurs principaux pôles économiques et portuaires. Elle améliore notamment l'accès à Kogo depuis l'intérieur de la région de Centro Sur et pourrait, à terme, renforcer le rôle de cette localité comme point de passage pour les flux de marchandises entre la Guinée équatoriale et le Gabon.
Cette fonction logistique pourrait prendre davantage d'importance avec le développement des infrastructures envisagées par la Guinée équatoriale. Les projets intégrateurs de la CEMAC prévoient notamment une zone économique spéciale et un port sec destinés à améliorer l'articulation entre les infrastructures portuaires, routières et aéroportuaires du pays. L'enjeu est de faire de ces équipements des points d'appui pour le commerce régional, en renforçant notamment les échanges avec le nord du Gabon et le sud du Cameroun.
La Banque mondiale souligne, de son côté, que la Guinée équatoriale dispose d'un réseau routier relativement développé, mais que les contraintes liées à la logistique et à la facilitation des échanges continuent de peser sur les coûts commerciaux.
Dans ce contexte, la construction de nouveaux axes routiers ne suffit pas à elle seule à générer davantage de commerce. Leur rendement économique dépendra de leur connexion effective aux marchés, aux plateformes logistiques et aux réseaux de transport des pays voisins.
Claude Paul Tjeg
Publié le 28/09/26 17:52
La Rédaction
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