La Guinée équatoriale table sur un budget 2026 de 1 294 milliards de FCFA (environ 2,269 milliards de dollars), en repli de près de 8% par rapport à l'exercice précédent. Cette contraction résulte principalement de la baisse simultanée de la production et des prix du pétrole, une ressource dont dépend encore largement l'économie du pays. Malabo opte ainsi pour une approche prudente visant à réduire autant les recettes que les dépenses, afin de préserver l'équilibre budgétaire et d'anticiper un environnement pétrolier durablement moins porteur.
Malgré cette réduction, les priorités stratégiques du gouvernement restent inchangées notamment avec une accélération de la diversification économique, un renforcement de la gouvernance, une amélioration de l'environnement des affaires et un soutien accru à l'émergence de secteurs non pétroliers. Les autorités mettent également l'accent sur la soutenabilité des finances publiques à long terme et sur la stabilisation du secteur financier, indispensable pour accompagner l'investissement privé. Le resserrement budgétaire s'inscrit donc comme une mesure d'ajustement plutôt que de renoncement.
Dans l'ensemble de la CEMAC, la trajectoire équato-guinéenne contraste avec celle de plusieurs voisins. Le Cameroun et le Gabon présentent pour 2026 des budgets parmi les plus élevés de la sous-région, dépassant respectivement 7 700 (13,5 milliards de dollars) et 7 233 milliards de FCFA (12,6 milliards de dollars), traduisant des ambitions d'investissement et de réformes plus marquées. Le Congo affiche pour sa part un budget intermédiaire d'environ 2 500 milliards de FCFA (environ 4,38 milliards de dollars), dans une logique de stabilisation macroéconomique. À l'opposé, la Centrafrique, avec un budget inférieur à 400 milliards de FCFA (701,5 millions de dollars), reste dans une dynamique très contrainte.
Dans ce paysage régional, la Guinée équatoriale occupe une position médiane mais demeure l'un des États les plus exposés à la volatilité pétrolière. La réduction de son enveloppe budgétaire signale une volonté d'adaptation face à un cycle pétrolier déclinant, tout en maintenant les objectifs de diversification. Cette prudence budgétaire pourrait permettre de limiter les déséquilibres à court terme, mais elle souligne aussi l'urgence de transformer plus rapidement le modèle économique national pour réduire sa dépendance aux hydrocarbures.
Idrissa DIAKITE
Publié le 20/11/25 11:38
La Rédaction
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