L'Algérie lance un chantier historique avec la ligne ferroviaire Béchar–Gara Djebilet et l'exploitation du plus grand gisement de fer du pays, appelé à produire des millions de tonnes de minerai.
Dimanche 1ᵉʳ février 2026, l'Algérie a inauguré une nouvelle ligne ferroviaire de près de 950 km traversant le Sahara, destinée à acheminer le minerai de fer de la région de Gara Djebilet vers le nord du pays.
Financée intégralement par l'État algérien et réalisée en collaboration avec des entreprises publiques locales et un consortium chinois, notamment China Railway Construction Corporation (CRCC), cette infrastructure relie la mine de Gara Djebilet, près de Tindouf dans l'extrême sud-ouest, à Béchar, à quelque 950 km plus au nord.
À partir de là, le minerai sera acheminé vers les installations industrielles et portuaires du nord-ouest, dont un complexe sidérurgique proche d'Oran.
Présent à la cérémonie, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a qualifié cette nouvelle ligne ferroviaire, qui comprend également une liaison voyageurs entre Tindouf, Béchar et les localités intermédiaires, comme " l'un des plus grands projets stratégiques de l'histoire de l'Algérie indépendante ".
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Ce chantier vise à renforcer l'exploitation du gisement de Gara Djebilet, l'un des plus importants d'Afrique avec des réserves estimées à plusieurs milliards de tonnes, et soutenir le développement d'une industrie sidérurgique nationale compétitive.
Un gisement appelé à produire 50 millions de tonnes annuelles
La nouvelle infrastructure a été livrée dans les délais annoncés, avec l'achèvement du tronçon Béchar–Gara Djebilet au 1ᵉʳ février 2026, après une phase d'essais techniques engagée au début du mois de janvier. Selon les informations de la presse locale, le projet a été réalisé dans un délai record de 20 mois.
Sur le plan opérationnel, la ligne est dimensionnée pour un trafic soutenu, et ce, avec 24 trains minéraliers devraient circuler quotidiennement dans les deux sens pour le transport du minerai, auxquels s'ajouteront deux trains de marchandises et deux trains de voyageurs, ces derniers pouvant atteindre une vitesse maximale de 160 km/h.
L'infrastructure ne se limite donc pas au seul usage minier, mais s'inscrit aussi dans une logique d'ouverture et de désenclavement du sud-ouest algérien.
Côté production, le gisement de Gara Djebilet doit entrer progressivement en régime. La phase de démarrage table sur 4 millions de tonnes par an, avant une montée en puissance à 12 millions de tonnes d'ici 2030, puis un objectif à terme de 50 millions de tonnes annuelles.
L'exploitation du gisement devrait permettre à l'Algérie de réduire drastiquement ses importations de minerai de fer, avec une économie estimée à 1,2 milliard de dollars par an.
Longtemps resté à l'état de potentiel inexploité en raison de son isolement géographique, le gisement de Gara Djebilet, dont les réserves sont estimées à près de 3,5 milliards de tonnes, s'impose aujourd'hui comme une pièce maîtresse de la stratégie industrielle algérienne.
Jihen Mkehli
Publié le 02/02/26 10:09
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CEMAC