Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et UK Export Finance (UKEF), l'agence britannique de crédit à l'exportation, ont signé, le 21 octobre 2026 à Conakry, en Guinée, un protocole d'accord destiné à structurer le cofinancement de projets sur le continent africain. Ce partenariat vise à combiner les ressources de la banque multilatérale de développement avec les garanties publiques et les instruments de crédit à l'exportation du Royaume-Uni afin d'accroître les financements mobilisables pour les investissements en Afrique.
Signé en marge de la cinquième édition du Forum de l'investissement et du commerce entre le Royaume-Uni et les pays francophones d'Afrique de l'Ouest et du Centre (WCAF V), cet accord constitue le premier cadre formel de coopération entre les deux institutions. Il doit leur permettre de coordonner leurs interventions et de repérer des projets susceptibles de bénéficier de leurs instruments financiers respectifs.
Dans son communiqué, la BAD précise que " le protocole d'accord établit un cadre permettant aux deux institutions d'identifier, d'évaluer et de développer des opportunités de cofinancement pour des opérations souveraines et non souveraines dans les pays membres régionaux du Groupe de la Banque, en s'appuyant sur les instruments financiers de chaque institution ".
Le dispositif couvre ainsi deux catégories d'opérations. Les financements souverains concernent notamment les projets portés par les États et les entités publiques, tandis que les opérations non souveraines peuvent bénéficier à des entreprises privées ou à d'autres acteurs dont les projets ne reposent pas directement sur un emprunt souverain.
Les secteurs ciblés sont l'énergie, les transports et les autres infrastructures, l'eau et l'assainissement, la santé, le numérique, les minéraux critiques, l'agriculture et le financement du commerce. Ces domaines concentrent une partie des besoins d'investissement du continent, notamment pour renforcer les capacités de production, soutenir l'industrialisation et améliorer la circulation des biens et des services entre les marchés africains.
Pour les pays bénéficiaires, la mise en commun des instruments financiers pourrait élargir les ressources disponibles pour des projets difficiles à financer sur les seuls budgets publics ou auprès d'un partenaire unique. Du côté des entreprises, les garanties et les mécanismes de crédit à l'exportation pourraient faciliter l'acquisition d'équipements et de services nécessaires à la réalisation de certains investissements.
Cette coopération comporte toutefois une dimension commerciale importante. Les instruments d'UKEF visent à soutenir les exportations britanniques de biens, d'équipements et de services. Les projets bénéficiant de son appui pourraient donc impliquer des fournisseurs et des entreprises du Royaume-Uni, ce qui permettrait à Londres de soutenir simultanément les investissements en Afrique et l'activité de ses exportateurs.
" En associant nos instruments financiers et notre expertise, nous pouvons mobiliser davantage de cofinancements pour les infrastructures, l'énergie et le commerce, des secteurs prioritaires qui revêtent la plus grande importance pour la croissance de l'Afrique ", a déclaré Tim Reid, directeur général d'UKEF.
Ce rapprochement intervient dans un contexte de renforcement du soutien financier britannique aux projets d'infrastructure en Afrique de l'Ouest et du Centre. Le 20 octobre 2026, le gouvernement britannique avait annoncé des financements et des garanties d'UKEF totalisant 1,1 milliard de livres sterling pour des opérations dans la région. Il avait également fait état d'une augmentation de 1,7 milliard de livres sterling de la capacité d'exposition de l'agence dans cette zone.
À ce stade, toutefois, aucun montant global n'a été annoncé pour les futurs projets cofinancés dans le cadre de l'accord avec la BAD. Le volume des investissements susceptibles d'être mobilisés, les modalités de partage des risques entre les deux institutions, les conditions financières applicables et le calendrier des premières opérations restent à préciser.
Claude Paul Tjeg
Publié le 23/10/26 14:35
La Rédaction
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