
Dans une circulaire (n° 2026-4) publiée hier 26 mars 2026, la Banque Centrale de Tunisie (BCT) a annoncé un durcissement drastique des conditions de financement pour une large gamme de produits de consommation jugés non essentiels.
Désormais, les importateurs devront autofinancer la totalité de leurs achats pour ces catégories de marchandises. Les banques et intermédiaires agréés ont désormais l'interdiction d'octroyer des concours financiers (crédits, avances ou garanties) pour l'importation des produits listés en annexe de la Circulaire.
Pour pouvoir valider leurs opérations, les opérateurs économiques doivent obligatoirement constituer des déposits sur fonds propres couvrant 100 % de la valeur de l'importation. Cette obligation s'applique quel que soit le mode de paiement choisi : crédit documentaire, virement ou simple remise documentaire.
Une liste noire exhaustive : de l'électroménager aux produits fins
La liste des produits visés touche de nombreux secteurs de la consommation courante et du luxe:
- Automobile et loisirs : Voitures de tourisme, motocycles, yachts et bateaux de plaisance.
- Électroménager : Réfrigérateurs, machines à laver, climatiseurs, téléviseurs (ventilateurs), fours à micro-ondes et petits appareils (machines à café, sèche-cheveux).
- Alimentation " de luxe " : Fromages fins (roquefort), thon, fruits exotiques (ananas, avocats, kiwis), chocolats, biscuits et même les eaux minérales et boissons alcoolisées (whisky, vodka, vins).
- Hygiène et cosmétiques : Parfums, maquillage, shampooings et dentifrices.
Des exceptions stratégiques préservées
Toutefois, la BCT a prévu des garde-fous pour ne pas paralyser l'économie productive. Sont ainsi exclues de ces restrictions :
- Les importations réalisées dans le cadre de marchés publics (État, entreprises publiques).
- Les besoins directs des entreprises industrielles, sur présentation d'une fiche technique du ministère de l'Industrie attestant que le produit est lié à leur activité.
- Les opérations sous le régime du perfectionnement actif (matières destinées à être transformées puis réexportées).
Un contrôle renforcé
Les banques sont désormais tenues à une vigilance accrue. Avant toute domiciliation, elles doivent vérifier scrupuleusement l'exactitude des codes douaniers (NGP) pour s'assurer qu'aucun produit " non prioritaire " ne bénéficie d'un financement bancaire dissimulé.
Cette décision, qui entre en vigueur immédiatement, marque une volonté claire des autorités monétaires de préserver les réserves de change du pays en freinant la consommation de produits importés non essentiels.
Télécharger la Circulaire de la BCT
Publié le 27/03/26 11:21
SN
CEMAC
