La décision apparaît dans le rapport annuel de la BDEAC, qui rend compte des travaux du Conseil d'administration. Celui-ci s'est réuni à quatre reprises en 2025, les 21 mai, 22 septembre, 26 novembre et 22 décembre. Parmi les décisions prises figure notamment ‘'la création d'une filiale de la BDEAC pour la gestion d'un Fonds Commun de Titrisation de créances d'un montant de 300 milliards FCFA''.
La titrisation consiste à transférer un portefeuille de créances vers une structure dédiée qui émet, en contrepartie, des titres destinés aux investisseurs. Dans le cas de la BDEAC, les prêts accordés aux États ou aux entreprises constituent des actifs dont les remboursements s'étalent généralement sur plusieurs années. Une partie de ces créances peut être regroupée dans un fonds, puis transformée en titres financiers. Les investisseurs apportent alors des liquidités au véhicule, tandis que les remboursements futurs des emprunteurs servent de support au paiement des titres.
Transformer les prêts en nouvelles ressources
Pour la BDEAC, le mécanisme modifie surtout la vitesse de mobilisation de ses actifs. Sans titrisation, une créance de 150 milliards FCFA reste inscrite à l'actif de la Banque et génère progressivement des remboursements sur plusieurs années. Avec un FCTC, une partie de la valeur de ces créances peut être transformée plus rapidement en liquidités. Ces ressources peuvent ensuite être réinjectées dans de nouveaux financements, permettant à la Banque de faire tourner plus rapidement son portefeuille de prêts.
La titrisation vient ainsi compléter les instruments déjà utilisés par la BDEAC pour financer son activité. Les émissions obligataires, les titres de créances négociables, les ressources mobilisées auprès de partenaires financiers et le renforcement des fonds propres constituent les autres leviers auxquels l'institution peut recourir.
L'intérêt du mécanisme apparaît d'autant plus clairement que les demande de financement adressées à la BDEAC restent importantes. En 2024, l'institution avait reçu 38 demandes de financement représentant près de 205 milliards FCFA. Huit opérations avaient finalement été approuvées pour un montant total de 191,4 milliards FCFA, dont plusieurs projets portés au Cameroun.
La réussite du dispositif dépendra toutefois de la qualité des créances transférées au fonds, de leur capacité à générer des remboursements réguliers, mais aussi de la structuration des titres, des garanties et des mécanismes de rehaussement de crédit destinés à rassurer les investisseurs.
Publié le 01/10/26 09:34
La Rédaction
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CEMAC