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La Côte d’Ivoire aborde le dernier virage avant le lancement de sa bourse agricole

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La BRVM ouvre dans 66h18min

La Côte d'Ivoire franchit les dernières étapes devant aboutir au lancement de sa bourse des matières premières agricoles (BMPA) attendu d'ici la fin de ce premier semestre avec trois spéculations annoncées : le maïs, la cola et la noix de cajou. Ce 26 février, la BRVM, qui coordonne le processus de mise en place de BMPA, et l'ARRE, intervenant dans le processus pour le compte de l'Etat ivoirien, ont signé un mémorandum d'entente qui vient formaliser leur relation avant le démarrage effectif des premières transactions.

L'objectif visé par les deux entités est la mise en place d'un cadre institutionnel de coopération mais également la finalisation des discussions autour du système des récépissés d'entreposage, l'un des maillions clés qui conditionne la viabilité du nouveau marché. Il s'agit " d'une étape essentielle dans l'opérationnalisation de la Bourse ", a indiqué le professeur Justin Koffi, directeur général de l'ARRE (Autorité de régulation du système de récépissé d'entreposage, organisme dépendant du ministre ivoirien de l'agriculture. " Sans récépissé d'entreposage fiable, il n'y a pas de bourse des matières premières agricole", a renchérit Edoh Kossi Amenouvé, de la BRVM.

Voir aussi - Après le Ghana, la Côte d'Ivoire s'active pour sa bourse agricole

Le récépissé d'entreposage est un document sécurisé (électronique ou physique) délivré à un paysan chaque fois qu'il stocke son produit dans l'un des magasins agréés par la BMPA. Et c'est sur la base des stocks effectivement disponibles dans le réseau d'entrepôts que les transactions pourront s'effectuer sur la plateforme boursière.

Edoh Kossi Amenouvé, DG de la BRVM, et Justin Koffi, DG de l'ARRE, lors de la signature de la convention ce 26 février à Abidjan

" Nous avons un système de récépissé d'entreposage électronique et physique aux normes internationales qui a été audité par la SFI " a d'ores et déjà souligné Justin Koffi.

Le système d'entreposage, l'autre défi

Outre ce mécanisme qui doit rassurer les stocks disponibles, l'autre enjeu est la mise à disposition de solutions de stockage efficaces pour accueillir les produits agricoles dans des conditions optimales.

La Côte d'Ivoire compte un peu plus d'un millier d'entrepôts de stockage qui ont été répertoriés sur le territoire, dont 266 sont pour l'heure éligibles au démarrage de la bourse. Et globalement, il faudra environ 37 milliards FCFA d'investissement pour mettre l'ensemble de ces infrastructures aux normes voulues selon Justin Koffi.

L'enjeu pour le pays est de disposer de capacités suffisantes pour donner des ailes à la nouvelle plateforme boursière. Selon le directeur de l'ARRE, il faudra par exemple porter les capacités de stockage de 50 000 à 350 000 tonnes d'ici 2024 rien que pour la noix de cajou au regard de l'évolution de la production nationale.

Voir aussi - Côte d'Ivoire : Le chinois TBEA va construire 108 entrepôts de stockage pour la noix de cajou

Des infrastructures dont la mise en place est soutenue par des opérateurs privés. En août dernier, un accord a été signé avec la firme chinoise TBEA pour la construction de 108 " entrepôts intelligents " d'une capacité totale de 500 000 tonnes pour cette spéculation d'ici 3 ans. " C'est un élément important notamment pour le secteur de la noix de cajou. En raison de la durée relativement courte de la campagne, il est en effet difficile aux transformateurs locaux de disposer de noix tout au long de l'année pour alimenter leurs chaînes de production, alors que le pays vise à transformer 50% de sa production dans les prochaines années contre moins de 8% actuellement ".

Sortir le secteur agricole de la précarité

La bourse des matières premières agricoles est un " enjeu majeur de développement de l'agriculture, de transformation économique et de financement de ce secteur " a relevé le patron de la BRVM, rappelant que " tous les pays émergents ont une bourse des matières premières agricoles ".

La plateforme qui sera progressivement ouverte à d'autres spéculations – l'on apprend que 23 produits agricoles locaux sont éligibles au marché boursier – doit contribuer à faire des zones rurales des " zones de prospérité ".

Voir aussi - Nigéria : La bourse des matières premières se met en place

En effet, pour le paysan, l'assurance de disposer d'une plateforme d'échange où vendre au meilleur prix possible l'ensemble de sa production a de quoi révolutionner ses pratiques agricoles alors qu'il est admis qu'environ 40% de la récolte est perdue en Afrique faute de système de stockage adapté et surtout faute de pouvoir l'écouler sur le marché. D'une situation où ses revenus étaient imprévisibles, le paysan pourrait se projeter avec des revenus relativement stable et obtenir des financements auprès du système financiers pour accroître sa productivité.   

" Nous croyons fermement que la BMPA va atteindre l'un de ses objectifs quand le producteur ivoirien sera à mesure de choisir sa tendance de production en fonction des prix au comptant et à terme affichés par la bourse, convenablement stocker et commercialiser sa production dans les conditions qui lui assure une meilleure rentabilité " a indiqué le directeur général de la BRVM.

Notons que la BMPA qui sera la toute première de l'espace UEMOA, sera ouverte au marché local et international. En Afrique de l'ouest, le Ghana et le Nigéria sont les deux premiers pays à disposer d'un marché boursier agricole.

Voir aussi - Ghana : 60 000 paysans rejoignent le Ghana Commodity Exchange, le marché boursier agricole

Jean Mermoz Konandi

Publié le 27/02/20 17:52

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