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La Guinée équatoriale réclame 2,4 milliards FCFA à des sociétés chargées de l’entretien de bâtiments publics

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La Guinée équatoriale a engagé une vaste opération de vérification visant les entreprises chargées de l'entretien des bâtiments ministériels, après la découverte de possibles fraudes fiscales et sociales portant sur plusieurs milliards de francs CFA. Les premières conclusions de la commission mixte mandatée par les autorités montrent en effet que des dizaines de sociétés ayant bénéficié d'importants marchés publics présentent des arriérés massifs envers l'État.

Les premiers résultats de cette enquête ont été présentés le 13 mai 2026 au vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue, lors d'une réunion organisée au Palais du Peuple à Malabo. Selon les informations communiquées par la commission, les investigations ont, dans un premier temps, porté sur 50 entreprises, sur plus de 600 opérant dans ce secteur.

D'après les données préliminaires, les sociétés examinées ont obtenu plus de 7,498 milliards de FCFA de contrats publics au cours de l'exercice 2025. Pourtant, malgré des bénéfices déclarés dépassant 3,918 milliards de FCFA, elles cumulent une dette de plus de 2,424 milliards de FCFA envers l'administration équato-guinéenne.

Cette dette correspond notamment à des arriérés de cotisations sociales dues à l'INSESO — l'équivalent de la sécurité sociale —, à l'impôt sur le revenu des personnes physiques, au quota d'impôt minimum, aux contributions au fonds de protection sociale des travailleurs ainsi qu'à l'impôt sur les sociétés.

Plus de 800 travailleurs sans documents contractuels

Au-delà des irrégularités fiscales, les investigations ont également mis en lumière de nombreuses anomalies dans la gestion de la main-d'œuvre déclarée par les entreprises concernées.

Le rapport souligne ainsi que " sur les 931 employés enregistrés, 841 ne disposent ni de contrat, ni de bulletin de paie, ni d'aucun document attestant de la prestation effective de leurs services ", une situation qui alimente des soupçons d'irrégularités administratives et de violations du droit du travail.

Ces constats renforcent également les soupçons de fausses déclarations de personnel, un mécanisme parfois utilisé dans certains marchés publics pour justifier des coûts de prestation plus élevés ou réduire les obligations sociales des employeurs.

À l'issue de la réunion de Malabo, le vice-président équato-guinéen a demandé aux ministères des Finances, du Trésor et du Travail, ainsi qu'à l'INSESO, de vérifier l'ensemble des données contenues dans le rapport préliminaire avant la remise d'un document final attendue la semaine prochaine.

Les autorités équato-guinéennes indiquent par ailleurs que les entreprises concernées devront rembourser " intégralement " les montants dus à l'État et répondre de leurs responsabilités devant les administrations compétentes. Les investigations devraient désormais être élargies aux autres entreprises actives dans l'entretien des bâtiments publics.

 

Paul Tjeg 

Publié le 15/05/26 08:23

La Rédaction

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