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Le Ghana verrouille son or et réserve ses mines aux acteurs locaux dans une offensive souverainiste

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Dans un tournant stratégique assumé, le Ghana redéfinit les règles du jeu dans son secteur aurifère. Accra a décidé de réserver exclusivement aux entreprises détenues par des nationaux la reprise de certaines mines d'or, marquant une inflexion nette vers une souveraineté accrue sur ses ressources naturelles.

Au cœur de cette nouvelle doctrine se trouve la mine de Damang, exploitée depuis près de trois décennies par Gold Fields. Après avoir refusé de renouveler son bail, les autorités ghanéennes ont accordé une prolongation exceptionnelle de 12 mois, conditionnée à une transition réussie de l'actif vers une propriété nationale.

Désormais, le processus de cession est enclenché. L'État a lancé un appel d'offres dont l'accès est strictement limité aux entreprises détenues à 100% par des citoyens ghanéens. Une exigence forte, formalisée par le ministre des Terres et des Ressources naturelles, Emmanuel Armah-Kofi Buah, qui traduit la volonté de rééquilibrer la chaîne de valeur au profit des acteurs locaux.

Reprendre la main face aux multinationales

Premier producteur d'or du continent, le Ghana reste dominé par de grands groupes internationaux tels que AngloGold Ashanti, Newmont Corporation ou encore Zijin Mining. Cette dépendance historique aux capitaux étrangers est aujourd'hui remise en question.

À l'image d'autres pays africains, du Mali au Zimbabwe, Accra cherche à capter une part plus importante des revenus générés par l'exploitation de ses ressources. L'objectif est de transformer une richesse extractive longtemps externalisée en levier de développement domestique.

Une mine en déclin mais à fort potentiel stratégique

La mine de Damang, dont la production a atteint environ 88 000 onces l'an dernier, affiche des volumes en recul par rapport à son pic d'il y a 20 ans. Pour autant, elle reste un actif stratégique. Gold Fields s'apprête à la céder à l'État le 18 avril, tout en négociant parallèlement une extension de bail pour sa mine de Tarkwa, plus rentable.

Dans cette perspective, le groupe sud-africain a déjà remis au gouvernement une étude détaillant les possibilités de prolonger la durée de vie de Damang, un document clé pour orienter la reprise.

Le cahier des charges imposé par les autorités est particulièrement exigeant. Les candidats devront démontrer une solide expérience dans l'exploitation à ciel ouvert, s'engager à maintenir l'activité pendant au moins 10 ans et surtout mobiliser plus de 500 millions de dollars pour développer le site.

Ce niveau d'exigence soulève une question centrale : les acteurs locaux disposent-ils des capacités techniques et financières suffisantes pour reprendre seuls de tels actifs ?

Cette initiative s'inscrit dans un mouvement plus large de recomposition du secteur aurifère africain. La dernière transaction majeure au Ghana remonte à 2024, lorsque Zijin Mining a accepté de racheter la mine d'Akyem à Newmont Corporation pour un milliard de dollars.

Publié le 01/04/26 11:19

La Rédaction

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