Le Groupe Ecobank table sur la ‘’prochaine étape de sa croissance’’

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Au sommet du groupe Ecobank, l'heure est grandement à l'optimisme. Après une forte chute du bénéfice en 2020, le groupe bancaire panafricain a enchaîné les deux exercices suivants en croissance avec des bénéfices respectifs de 357,4 millions de dollars en 2021 et 366,7 millions de dollars en 2022, laissant entrevoir un nouveau trend haussier.    

" Nous allons entamer la prochaine étape de notre croissance " a martelé à plusieurs reprises Alain Nkontchou, le président du conseil d'administration du groupe bancaire à la faveur de l'assemblée générale annuelle qui s'est tenue ce 17 mai dans l'antre de son siège social de Lomé, au Togo. Cet optimisme tient à un nouveau dynamisme entretenu notamment par les retombées financières des investissements consentis ces dernières années dans le numérique qui devient un important levier de croissance (les services de paiements ont généré 234 millions de dollars de revenus en 2022), mais également dans le renouveau de la filiale du Nigéria (avec la cession d'une partie douteuse à une entité ad-hoc, Resolution Vehicle), un géant qui a plombé les comptes du groupe durant ces dernières années. La filiale a dégagé 31 millions de dollars de bénéfice brut, en progression de 14%.

Dans le même temps, le groupe peut se féliciter de la bonne santé de ses nouveaux relais de croissance, en l'occurrence le cluster UEMOA et ses 9 filiales qui " figurent toutes dans le Top 3 de leur marché respectif " et ont généré à elles-seules 40% du résultat du groupe.

Toutefois, le groupe dans son ensemble aurait pu engranger de meilleures performances n'eût été la situation économique au Ghana où la restructuration de la dette publique a amené la filiale locale à concéder une forte hausse de ses provisions qui ont fortement impacté les résultats du cluster AWA (Africa de l'ouest anglophone composé de 5 filiales).

" Des défis restent à surmonter sur nos différents marchés dans un contexte global instable, mais nous amorçons une nouvelle dynamique qui se confirme et va se renforcer " a insisté Jeremy Awori, le nouveau directeur général du groupe qui a pris le relais d'Ade Ayeyemi en mars et qui devra concrétiser l'ambition d'Ecobank de se hisser au statut de véritable success story à l'africaine.

Une ambition affichée qui est aussi un clin d'œil aux actionnaires qui rongent depuis un moment leur frein, déboussolés à la fois par la baisse des cours et l'absence de dividendes (sur les exercices allant de 2013 à 2020). " L'année dernière nous avons distribué des dividendes. Et cette année encore nous le faisons (à 0,11 cents $, ndlr) ; je pense que c'est un vrai signal que nous donnons aux actionnaires, ", s'est voulu rassurant Alain Nkountchou. " On n'est dans une situation où on dégage suffisamment de marges pour distribuer des dividendes " et " on pense être sur une trajectoire qui nous permette de continuer à rétribuer nos actionnaires " a-t-il ajouté.

" Nous restons confiants "

Dans une sorte de profession de foi, Jeremy Awori a tenu à partager sa vision d'un groupe qu'il compte " bâtir sur l'existant " avec pour projet de " renforcer l'action " de son prédécesseur : " Développer nos vastes marchés sera une priorité. Ces efforts passeront notamment par une nouvelle transformation de nos activités au Nigéria, la consolidation de notre position de leader sur les marchés que nous dominons (…) ", a-t-il indiqué.

" Les fondamentaux de nos activités liées aux paiements, a-t-il ajouté, sont une source d'opportunités que nous entendons poursuivre avec détermination ", relevant le potentiel de la Banque commerciale et de la Banque des Particuliers, le pôle Banque des Grandes entreprises et d'investissement ayant généré 51% des revenus en 2022.

Dans les détails, la banque entend renforcer ses produits et services, intensifier le financement des PME, prioriser les canaux numériques qui génèrent de plus en plus de valeur, et œuvrer à tirer parti de la ZLECAF avec la plateforme unique mise en place pour faciliter le commerce interafricain. Autant de chantier qui devraient produire des résultats probants selon le management.

" A mesure que l'année 2023 avance, notre organisation voit se présenter des opportunités très prometteuses, même si force est de constater que l'environnement opérationnel reste difficile ", mais " nous restons confiants dans notre capacité à nous adapter et à réussir " a conclu Alain Nkontchou.

Envoyé Spécial à Lomé, 

Jean Mermoz Konandi

Publié le 23/05/23 10:50

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