Le Sénégal se dote d'une taxonomie verte. Le lancement est prévu ce 19 octobre 2026. Cette orientation est portée par le ministère l'Environnement et le Ministère de l'Économie, des Finances et du Plan, avec l'appui technique de la Coopération allemande (GIZ). La Taxonomie Verte du Sénégal vise à créer un langage commun sur la durabilité, renforcer la confiance des investisseurs et mobiliser des capitaux vers des projets écologiques et viables.
Destinée aux gouvernements, institutions financières, acteurs économiques et investisseurs, cette Taxonomie a pour ambition d'offrir un cadre clair pour évaluer et orienter les actions durables. Dans sa version actuelle, la Taxonomie se concentre sur l'atténuation et l'adaptation au changement climatique, Elle intègre également des garanties sociales minimales / Minimum Social Safeguards (MSS) incluant une dimension genre garantissant un accès équitable aux ressources pour les femmes et les filles, évaluée selon la charte des droits de l'homme et les normes de l'IFC.
Ainsi, dans le schéma actuel, pour qu'une activité, mesure ou pratique soit considérée comme alignée à la Taxonomie, elle doit répondre selon la stratégie du Sénégal, à l'atténuation du changement climatique, notamment dans les secteurs de la Construction, des Transports, de l'Industrie, de l'eau, de l'assainissement-déchets, et de l'Energie.
La taxinomie verte conçue par le Sénégal impose également, que celle-ci satisfait aux critères d'atténuation applicables au secteur concerné. Pour l'adaptation au changement climatique, la contribution substantielle peut être réalisée de deux manières. La première, inspirée de la Taxonomie de l'UE, repose sur une approche fondée sur un processus d'évaluation de la vulnérabilité et des risques climatiques, applicable aux activités prioritaires. La seconde option s'appuie sur la Taxonomie de la résilience de Climate Bonds (Climate Bonds Resilience Taxonomy/CBRT) et consiste à mettre en œuvre des mesures reconnues comme automatiquement éligibles.
Dans les secteurs de l'Agriculture, une méthodologie distincte est appliquée en raison de la nature hétérogène des pratiques et de leur co-bénéfices pour plusieurs objectifs environnementaux de la Taxonomie. Dans ce contexte, les activités doivent non seulement démontrer leur alignement avec un ou plusieurs objectifs mais aussi garantir la conformité DNSH (Do No Significant Harm, ou " Ne pas causer de préjudice important ". Il s'agit un mécanisme réglementaire de l'Union européenne issu du règlement sur la taxonomie européenne et de la finance durable.
Publié le 19/10/26 08:52
Mouhamadou Dieng
SN
CEMAC