Le Togo consolide sa trajectoire de réformes sous l'œil attentif du Fonds monétaire international (FMI). À l'issue d'une mission conduite entre Washington et Lomé, les services du FMI ont annoncé un accord de principe avec les autorités togolaises pour les 3e et 4e revues du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit. Une validation qui pourrait ouvrir la voie à un nouveau décaissement de 110,8 millions de dollars, soit 62,5 milliards FCFA, portant l'enveloppe totale mobilisée à plus de 302 millions de dollars (plus de 170 milliards FCFA).
Dans un environnement international marqué par les tensions géopolitiques et la flambée des coûts énergétiques, l'institution de Bretton Woods salue la résilience de l'économie togolaise. En 2025, le pays a enregistré une croissance proche de 6%, soutenue principalement par la vigueur du secteur des services, tandis que l'inflation a poursuivi sa décrue.
Le FMI souligne toutefois que l'année 2026 pourrait être marquée par un ralentissement temporaire de l'activité et une remontée des prix, conséquence directe des perturbations mondiales liées notamment au conflit au Moyen-Orient. ‘'La hausse et la volatilité des prix de l'énergie et des produits alimentaires pourraient accroître l'inflation et les pressions sociales'', avertit l'institution.
Sur le plan budgétaire, Lomé continue néanmoins d'afficher une discipline saluée par les équipes du Fonds. Le déficit public a été ramené à 3,2% du PIB en 2025 grâce à une maîtrise des dépenses publiques, malgré des recettes légèrement inférieures aux prévisions. Les autorités togolaises maintiennent par ailleurs leur objectif de réduire ce déficit à 3% du PIB d'ici 2027 afin de préserver la viabilité de la dette.
Le FMI insiste également sur les progrès réalisés dans la conduite des réformes structurelles. Sept des huit objectifs fixés depuis la précédente revue ont été atteints, notamment dans la transparence budgétaire, la gestion des finances publiques et le contrôle des entreprises publiques. L'institution relève aussi que ‘'les objectifs de dépenses sociales et de lutte contre la pauvreté ont été atteints'', preuve, selon elle, de la volonté des autorités de protéger les ménages vulnérables durant l'ajustement budgétaire.
Autre chantier jugé prioritaire, le secteur financier. Le FMI appelle à poursuivre l'assainissement bancaire et à améliorer les performances des entreprises publiques, particulièrement dans l'énergie, afin de limiter les risques budgétaires et renforcer la compétitivité de l'économie.
‘'Le renforcement du secteur financier et la mise en œuvre de réformes structurelles demeurent essentiels pour réduire les risques budgétaires et soutenir une croissance tirée par le secteur privé'', souligne l'institution.
Publié le 22/05/26 10:05
La Rédaction
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CEMAC