L'Institut monétaire africain (IMA) commence à mettre en place les structures dirigeantes chargées de préparer la future Banque centrale africaine. Après l'adoption de ses statuts en février 2026, l'institution entre désormais dans une phase consacrée à l'installation de sa gouvernance. L'information figure dans le communiqué publié le 22 septembre 2026 par la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC), à l'issue des travaux de l'Association des banques centrales africaines (ABCA).
Les gouverneurs ont notamment examiné la règle de rotation destinée à garantir une représentation équilibrée des cinq sous-régions africaines au sein des organes de gouvernance de l'IMA. À l'issue de ces travaux, Yvon Sana Bangui a été désigné par ses pairs pour assurer, à titre transitoire, la présidence du Conseil d'administration de l'Institut. Le Conseil d'administration inaugural doit, pour sa part, se réunir à Abuja afin de procéder à la nomination des administrateurs et à la désignation des membres du Bureau.
Cette étape donne ainsi une première ossature institutionnelle à l'IMA, appelé à jouer un rôle préparatoire dans la construction de l'architecture monétaire africaine. L'Institut n'est toutefois pas la future Banque centrale africaine. Sa mise en place ne signifie donc pas l'instauration prochaine d'une monnaie unique sur le continent. Son mandat consiste plutôt à travailler sur les conditions techniques, institutionnelles et économiques nécessaires à la réalisation de cette ambition.
Des statuts à la mise en place de l'institution
La constitution de cette nouvelle architecture institutionnelle avait franchi un premier cap en février 2026. Lors de sa 39e session ordinaire, tenue les 14 et 15 février à Addis-Abeba, la Conférence de l'Union africaine a adopté le projet de statuts de l'IMA. Elle avait également demandé aux États membres de permettre la mise en service de l'Institut d'ici septembre 2026.
Pour faciliter son démarrage, l'Union africaine a appelé les banques centrales à détacher du personnel auprès de l'IMA, afin notamment de limiter les coûts de lancement. Elle leur a également demandé d'intégrer les dépenses liées à la mise en service de l'institution dans leur programmation budgétaire pour 2026. Les États membres ont, en outre, été invités à fournir les ressources nécessaires à son financement par l'intermédiaire de leurs banques centrales.
La mise en place de l'IMA s'inscrit ainsi dans un projet institutionnel plus large porté par l'Union africaine. La Banque centrale africaine figure, avec le Fonds monétaire africain et la Banque africaine d'investissement, parmi les institutions financières prévues dans le cadre de l'intégration continentale. Les missions envisagées pour la future banque comprennent notamment l'élaboration d'une politique monétaire commune, la création et la gestion d'une monnaie unique africaine ainsi que la contribution à la stabilité des taux de change.
Dans le cadre de l'Agenda 2063, l'Union africaine situe la création de la Banque centrale africaine entre 2028 et 2034 et propose Abuja comme siège de la future institution. L'installation progressive de l'IMA constitue donc une étape en amont de cette échéance. Mais avant d'aboutir à une véritable banque centrale à l'échelle continentale, les États devront encore progresser sur plusieurs chantiers, notamment la convergence macroéconomique et l'harmonisation de leurs politiques monétaires.
Les données de l'ABCA permettent de mesurer l'ampleur du travail restant. En 2025, 17 pays sur les 53 concernés par l'exercice, soit 32,1 %, respectaient les cinq critères de premier rang de convergence macroéconomique, contre 12 pays en 2024. L'amélioration reste donc limitée au regard de l'ampleur du processus d'intégration monétaire envisagé.
Dans le même temps, l'ABCA a adopté une feuille de route consacrée à l'harmonisation des cadres de politique monétaire pour la période 2026-2030. Une Task Force chargée de la politique monétaire et de l'intégration a également été créée. Elle doit accompagner les travaux de l'IMA et suivre les progrès réalisés dans le cadre du Programme de coopération monétaire en Afrique.
La construction de cette architecture monétaire passe également par l'intégration des systèmes de paiement. La BEAC a rejoint le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) en juillet 2026. À Nairobi, la Banque centrale du Congo a également signé sa convention d'adhésion. Selon le communiqué de la BEAC, ces nouvelles adhésions ont porté à 31 le nombre de pays couverts par le système et à 24 celui des banques centrales membres.
Claude Paul Tjeg
Publié le 29/09/26 12:14
La Rédaction
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