Les autorités maliennes relancent les activités d'exploration aurifère. En effet, lors du conseil des ministres du 30 septembre dernier, le gouvernement a approuvé dix décisions de renouvellement de permis de recherche d'or, mettant ainsi fin, pour les titres concernés, aux effets de la suspension des renouvellements appliquée pendant plus de deux ans. Les autorisations portent sur neuf premiers renouvellements et un deuxième renouvellement de permis situés principalement dans les régions de Kayes, Sikasso, Bougouni et Koulikoro. Les titres concernés avaient été attribués entre 2017 et 2022, avant d'être affectés par le gel.
Au Mali, chaque premier renouvellement ouvre une nouvelle période de recherche de trois ans, avec la possibilité d'une seule reconduction supplémentaire. Ces autorisations doivent permettre aux sociétés bénéficiaires de poursuivre leurs travaux, afin de déterminer si les indices et anomalies géologiques identifiés peuvent conduire à la découverte de gisements économiquement exploitables.
Les décisions concernent plusieurs sociétés, notamment Company Mines and Career, Hongda Liujiu Mali, Ressources Robex Mali, Dansoko Gold Mine, Wagadou Explore, Yong Xin Mines et Africa Mining. Un permis initialement attribué à M.B.C. Diffusion, puis cédé à Ressources Robex Mali, figure également parmi les titres renouvelés. Ressources Robex Mali obtient ainsi le renouvellement de trois permis situés à Sanoula, Gladié-Est et Mininko. La société est également présente dans l'exploitation aurifère au Mali, à travers la mine de Nampala, dont la production attendue en 2026 est comprise entre 41 000 et 46 000 onces d'or. Le renouvellement des permis de recherche permet à l'entreprise de poursuivre ses travaux sur les périmètres concernés. Il ne constitue toutefois pas une autorisation d'exploitation des éventuels gisements qui pourraient y être découverts.
Dandoko, un périmètre stratégique pour le projet Fekola
L'un des renouvellements concerne le permis de Dandoko, situé dans le cercle de Kéniéba et attribué à Africa Mining SARL en 2017, avant un premier renouvellement en 2020. Il s'agit de son deuxième renouvellement, justifié par la mise en évidence de plusieurs anomalies géologiques nécessitant la poursuite des recherches.
Ce périmètre présente un intérêt particulier en raison de son lien avec le projet régional de Fekola du groupe canadien B2Gold. Le groupe présente Dandoko et Menankoto comme les deux composantes de ce projet, situé à proximité de la mine de Fekola. Le périmètre de Dandoko couvre environ 100 km² et se trouve à une vingtaine de kilomètres de cette exploitation.
Selon les estimations communiquées par B2Gold, Dandoko renferme des ressources minérales mesurées et indiquées de 390 000 onces d'or, auxquelles s'ajoutent 33 000 onces de ressources présumées. Ces volumes restent des estimations de ressources minérales et ne constituent pas nécessairement des réserves économiquement exploitables.
Pour 2026, le groupe prévoit d'investir 5,2 millions de dollars dans ses activités d'exploration au Mali, avec environ 8 200 mètres de forage sur le complexe de Fekola. Selon ses projections, le projet Fekola Regional pourrait contribuer à une production annuelle de plus de 150 000 onces d'or à partir de 2028.
Le renouvellement du permis de Dandoko permet ainsi la poursuite des recherches sur un périmètre susceptible de contribuer au développement futur du complexe aurifère. La concrétisation de ce potentiel dépendra néanmoins des résultats des travaux d'exploration et des conditions nécessaires à une éventuelle mise en exploitation.
Le Mali renforce aussi ses capacités de recherche minière
En parallèle des renouvellements de permis, le conseil des ministres a autorisé la création d'une École des mines et du pétrole, ainsi que d'une Agence pour la recherche et le développement des ressources minérales. L'école aura pour mission d'assurer la formation initiale et continue dans les secteurs minier et pétrolier. L'agence sera chargée de renforcer les connaissances géologiques, minières, pétrolières et gazières du territoire national.
Ces deux structures doivent contribuer au développement des compétences et à une meilleure connaissance du potentiel du sous-sol malien, deux dimensions importantes pour soutenir les activités de prospection et de valorisation des ressources naturelles.
Le renouvellement des dix permis marque donc une reprise des autorisations de recherche pour les titres concernés après la suspension appliquée entre décembre 2022 et mars 2025. Toutefois, le communiqué du Conseil des ministres ne précise ni le montant des investissements associés à ces renouvellements ni les calendriers de forage de la plupart des sociétés bénéficiaires. À ce stade, les décisions autorisent uniquement la poursuite de l'exploration. La découverte de gisements commercialement exploitables et leur éventuelle mise en production restent des étapes distinctes, qui dépendront des résultats géologiques et des autorisations requises.
Publié le 03/10/26 12:01
Narcisse Angan
SN
CEMAC