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Niger : Le FMI ouvre la voie à un nouveau programme de 203 millions de dollars

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Au terme d'une mission de onze jours à Niamey, les services du FMI ont conclu un accord avec les autorités sur la dernière revue du programme en cours et sur un nouveau financement de 38 mois. Une première tranche de 36 millions de dollars pourrait être débloquée en décembre, sous réserve de l'approbation du Conseil d'administration de l'institution.

Le Niger s'apprête à prolonger son partenariat financier avec le Fonds monétaire international. À l'issue d'une mission menée à Niamey du 28 septembre au 8 octobre 2026, les services du FMI ont conclu avec les autorités un accord portant à la fois sur la dixième et dernière revue du programme actuel et sur la mise en place d'un nouveau dispositif de 38 mois.

Ce futur programme, également adossé à la Facilité élargie de crédit (FEC), prévoit un accès à 150,02 millions de droits de tirage spéciaux, soit environ 203 millions de dollars (près de 114 milliards FCFA). Il doit accompagner le Programme pour la refondation de la République, la stratégie de développement adoptée par le gouvernement pour la période 2025-2029.

L'accord annoncé n'équivaut toutefois pas encore à une approbation définitive. Il s'agit d'un " accord au niveau des services ", c'est-à-dire d'une entente technique entre les équipes du FMI et le gouvernement nigérien sur les politiques économiques et les réformes à mettre en œuvre. Le Conseil d'administration du Fonds doit encore examiner le dossier, probablement au début du mois de décembre.

Si cette dernière étape est franchie, le Niger pourrait recevoir immédiatement 26,32 millions de DTS, soit environ 36 millions de dollars. Ces ressources doivent contribuer à couvrir ses besoins de financement extérieur et à soutenir l'exécution des réformes.

Une croissance attendue à 7 %

La négociation intervient dans un contexte de croissance soutenue. Le FMI prévoit une progression de 7 % de l'économie nigérienne en 2026, puis de 6,7 % en 2027. À moyen terme, la croissance devrait se maintenir autour de 6,1 % par an, principalement grâce à l'agriculture, aux industries extractives et aux investissements publics.

Cette dynamique bénéficie notamment de la montée en puissance du secteur pétrolier. L'augmentation des cours du brut a renforcé les recettes de l'État et les entrées de devises du pays. Autrement dit, le Niger tire davantage de revenus de ses exportations pétrolières, ce qui améliore à la fois son budget et sa capacité à financer ses achats à l'étranger.

Cet avantage a cependant un revers. La hausse des prix de l'énergie renchérit également le transport et certains produits importés, ce qui pèse particulièrement sur les ménages les plus vulnérables. Le FMI prévoit ainsi une inflation moyenne de -2,5 % en 2026, signe que les prix resteraient globalement inférieurs à leur niveau moyen de 2025, avant une remontée de 2,2 % en 2027. Cette moyenne annuelle ne signifie donc pas que tous les prix continuent de baisser : l'institution observe déjà de nouvelles tensions sur l'alimentation et les carburants.

Le déficit budgétaire devrait atteindre 3,4 % du produit intérieur brut en 2026. Il dépasserait ainsi légèrement la norme de 3 % retenue dans l'UEMOA.

Le FMI explique cet écart par les dépenses de reconstruction engagées après les catastrophes naturelles de 2025 et par les aides accordées aux ménages affectés par la hausse des prix alimentaires et énergétiques. Le gouvernement prévoit parallèlement d'utiliser une partie des recettes pétrolières supplémentaires pour reconstituer ses marges budgétaires.

L'enjeu consiste à éviter que l'amélioration des revenus pétroliers entraîne une hausse durable des dépenses difficile à financer en cas de retournement des cours. Les autorités se sont ainsi engagées à maintenir une politique d'endettement prudente et à privilégier les dons ainsi que les prêts concessionnels, accordés à des taux plus faibles et sur des durées plus longues que les financements de marché.

Renforcer les recettes publiques, préserver la viabilité de la dette, …

La Facilité élargie de crédit est un instrument destiné aux pays à faible revenu confrontés à des difficultés persistantes de financement extérieur. Elle offre des ressources à des conditions plus favorables que celles généralement disponibles sur les marchés, en contrepartie d'un programme de politiques économiques et de réformes suivi régulièrement par le FMI.

Le nouveau programme nigérien doit répondre à trois priorités : renforcer les recettes publiques et préserver la viabilité de la dette, consolider la stabilité du système financier et favoriser une croissance davantage portée par le secteur privé.

Les autorités devront notamment poursuivre les réformes de gestion des finances publiques, améliorer la gouvernance et la transparence, renforcer la reddition de comptes et achever l'apurement des arriérés intérieurs et extérieurs. Le secteur bancaire devra également accroître sa capacité à financer les entreprises, en particulier les micros, petites et moyennes entreprises.

Le FMI estime que les résultats obtenus dans le cadre du programme actuel sont solides. Les objectifs fixés à fin juin 2026 ont globalement été respectés et les autorités ont poursuivi le règlement des arriérés résiduels. Le précédent accord avait déjà permis au Niger de préserver une certaine stabilité économique malgré les chocs sécuritaires, climatiques et financiers.

Publié le 12/10/26 09:52

Jean Mermoz Konandi

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