Selon Oxford Economics, le prix moyen du pétrole devrait se situer autour de 90 dollars le baril en 2026, avec un pic prévu à 113 dollars au deuxième trimestre.
La guerre au Moyen-Orient exerce une pression croissante sur les économies africaines, certains pays étant fortement affectés par la hausse des prix de l'énergie et la perturbation des chaînes d'approvisionnement, tandis que d'autres tirent un bénéfice limité du contexte géopolitique.
Dans ses récentes prévisions, le cabinet de conseil mondial Oxford Economics anticipe un prix moyen du pétrole de 90 dollars le baril pour l'année 2026, avec un pic à 113 dollars au deuxième trimestre.
Le cabinet suppose que le transit par le détroit d'Ormuz reviendra en mai à environ la moitié du niveau d'avant le conflit, avec une diminution progressive des perturbations commerciales au cours du reste de l'année.
Un ralentissement économique en Afrique
Compte tenu de la forte dépendance de nombreux pays africains aux importations d'énergie, Oxford Economics prévoit une croissance économique africaine en ralentissement à environ 3,9 % cette année, avec de nouvelles baisses possibles en 2026.
La plupart des économies devraient également connaître une hausse de l'inflation, la flambée des prix des carburants se répercutant sur le coût du transport et celui des matières premières.
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" Ces développements placent les banques centrales face à un dilemme délicat : contenir l'inflation ou soutenir la croissance. Plusieurs pays pourraient privilégier le maintien, voire la hausse, des taux d'intérêt plutôt que leur baisse, en raison des pressions inflationnistes persistantes ", lit-on dans l'analyse du cabinet.
Les grands gagnants de la guerre
Du côté des grands gagnants, ce sont surtout les pays exportateurs de pétrole qui profitent de la flambée des cours. Au Nigeria, par exemple, Oxford Economics a relevé ses prévisions de croissance à environ 4,0 %, soit +0,1 point par rapport aux estimations d'avant-guerre, grâce à la hausse des recettes pétrolières.
L'Algérie profite également de la hausse des prix et de la perspective d'une augmentation de sa production dès avril, ce qui soutient ses recettes publiques. De son côté, l'Angola bénéficie de la même manière de l'évolution favorable des prix du pétrole. Le rapport du cabinet ne précise cependant pas de chiffre exact pour ces pays.
Parallèlement, certains pays africains producteurs de métaux enregistrent des gains liés à la hausse des prix des matières premières. Les prix élevés de l'or soutiennent les économies du Ghana, de l'Afrique du Sud, de la Tanzanie et du Zimbabwe, tandis que la progression des prix du cuivre contribue à limiter les pertes pour la Zambie et la République démocratique du Congo.
Égypte, première victime économique de la guerre
Certains pays africains se retrouvent particulièrement fragilisés par les retombées de la guerre. L'Égypte, désignée par les analystes comme le pays le plus exposé, voit ses prévisions de croissance pour 2026 revues à la baisse à environ 4,5 %, contre 4,9 % précédemment.
Le Kenya figure également parmi les économies les plus affectées. Ses prévisions de croissance ont été ajustées à 4,1 % en 2026, contre 4,6 % avant la guerre et 4,5 % dans les dernières estimations de fin 2025, en raison de sa forte dépendance aux importations de carburant en provenance du Moyen-Orient et de l'impact sur les envois de fonds des travailleurs expatriés dans les pays du Golfe.
Plus au sud, le Malawi subit de fortes pressions liées à de faibles réserves de change, tandis que le Mozambique voit ses perspectives de croissance ramenées à 0,4 % en 2026.
Jihen Mkehli
Publié le 31/03/26 09:51
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CEMAC