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Patrick Blas, DG de Société Générale Côte d’Ivoire : ''Nous allions contacts directs avec nos clients et expérience client fluide via le digital sur les opérations de banque au quotidien''

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Patrick Blas, Directeur général de Société Générale Côte d'Ivoire : 

Nous allions contacts directs avec nos clients et expérience client fluide via le digital sur les opérations de banque au quotidien

À l'heure où le secteur bancaire ouest-africain est engagé dans une double transformation — digitale et concurrentielle — Patrick Blas, directeur général de Société Générale Côte d'Ivoire, revendique une trajectoire singulière : conjuguer puissance technologique et proximité humaine. Forte de plus de six décennies de présence continue, d'un bilan de premier plan et d'un ancrage territorial couvrant l'ensemble du pays, la banque se positionne aujourd'hui comme l'un des piliers de la performance bancaire dans l'UEMOA.

Dans cette grande interview, Patrick Blas décrypte les ressorts de cette réussite — croissance soutenue, leadership sur le financement de l'économie, accélération digitale — tout en assumant un choix stratégique clair : celui d'un modèle hybride, où le conseil, la relation client et l'inclusion financière demeurent centraux. Vision à long terme, gestion du risque, soutien aux PME, capital humain et transformation structurelle de l'économie ivoirienne : le dirigeant livre une lecture lucide des mutations à l'œuvre et de l'héritage qu'il entend construire à la tête de l'une des institutions financières les plus influentes de la région.

Quels sont, selon vous, les facteurs structurels et stratégiques qui font de Société Générale Côte d'Ivoire (SGCI) un modèle de performance et d'innovation dans l'espace UEMOA ?

Forts de plus de 63 ans de présence continue, nous bénéficions d'une connaissance approfondie des marchés sur lesquels nous opérons. Par ailleurs, nous avons toujours eu vocation à travailler sur tout le territoire Ivoirien. Aujourd'hui, nous avons une présence complète en Côte d'Ivoire, du Nord au Sud, de l'Est à Ouest et donc plus seulement à Abidjan. De même, nous pouvons nous appuyer sur un bilan de 3 700 milliards FCFA qui fait de nous la Banque leader de la sous-région sans oublier notre appartenance à un grand groupe international, Société Générale, capable de nous apporter toute son expertise, notamment sur les financements structurés de grands projets, ou les opérations de levée de dettes sur les marchés. Pour finir, nous disposons d'équipes aguerries qui disposent de formations qui sont dans les plus hauts standards de la profession.

Le résultat net de SGCI a progressé de 12% à plus de 80 milliards FCFA au troisième trimestre 2025. Comment expliquez-vous cette performance dans un environnement aussi concurrentiel ?

Nous n'avons pas pour habitude de nous reposer sur nos lauriers. Les performances du passé nous obligent à toujours nous surpasser. Pour cela, je peux compter sur des équipes performantes et engagées qui connaissent très bien leur métier. A cela s'ajoute une clientèle qui nous est fidèle et je saisis cette occasion pour les remercier une fois de plus.  Fort de notre résultat passé et de notre offre complète, nous sommes en mesure de les accompagner sur chacun de leurs projets, petits ou grands. Enfin, n'oublions pas qu'une banque demeure avant tout une entreprise commerciale et qu'à ce titre, nous avons pour obligation d'assurer une gestion rigoureuse de nos frais d'exploitation ainsi que de l'ensemble de nos risques qu'ils soient de crédit ou opérationnels.

Avec 19% de parts de marché sur les crédits, SGCI s'impose comme un acteur clé du financement de l'économie ivoirienne. Quels sont les secteurs que vous financez majoritairement ? Que feriez-vous par exemple pour introduire plus de flexibilité dans vos process d'octroi de prêts dans une économie dominée en majorité par les PME ?

En réalité, SGCI est présente sur tous les marchés que ce soit sur la clientèle des particuliers, professionnelle ou entreprise et cela inclut aussi bien les grandes que les petites (PME). Notre volonté et notre raison d'être est bien d'accompagner l'ensemble de nos clients et de répondre à leurs besoins. Nos parts de marché sont donc le reflet de ce que représente l'économie ivoirienne avec un secteur Agri Business toujours très puissant et un marché des PME qui se développe de plus en plus.

Sur les prêts aux particuliers (PPO), nous sommes capables de décaisser les montants demandés en moins de 3 jours.

Pour répondre plus précisément aux procédures d'octroi de crédit, nous y travaillons au quotidien avec les équipes commerciales et celles des risques pour améliorer les délais. Nous nous sommes déjà beaucoup améliorés mais il reste certainement encore beaucoup à faire. Pour cela, nous travaillons sur nos processus et sur le parcours client afin de le rendre plus fluide. Sur les prêts aux particuliers (PPO), nous sommes capables de décaisser les montants demandés en moins de 3 jours.

Non, être exclusivement digitale n'est pas le modèle que nous choisissons.

Les banques ivoiriennes rivalisent d'initiatives dans la digitalisation. Pensez-vous qu'une banque puisse être exclusivement digitale ?

Non, être exclusivement digitale n'est pas le modèle que nous choisissons. Nous observons que les clients souhaitent pouvoir échanger sur leurs projets avec leurs conseillers, et bénéficier de leurs expertises, tout en souhaitant avoir une expérience plus fluide via le digital sur les opérations de banque au quotidien. La question qui se pose aujourd'hui et qui se posera encore plus demain sera de trouver le bon équilibre entre les agences physiques et le digital. Il semble évident que demain, le digital sera plus important qu'aujourd'hui. Le défi est de le faire au bon rythme et dans les meilleures conditions en gardant à l'esprit – et ce, toujours – les besoins de nos clients.

La question qui se pose aujourd'hui et qui se posera encore plus demain sera de trouver le bon équilibre entre les agences physiques et le digital. 

Vous êtes une banque performante. Comment pensez-vous que vous maintiendrez ce cap dans le temps ?

Cela fait 63 ans que nous sommes présents et que nous sommes une banque leader. Nous sommes donc habitués à ce qu'il y ait une concurrence qui crée une émulation nécessaire à la performance. Nous disposons d'équipes et de collaborateurs hyper motivés et très bien formés. Au-delà de l'engagement des équipes, nous avons la culture de l'innovation, et nous travaillions chaque jour à répondre et à satisfaire les besoins de tous nos clients.

En tant qu'acteur majeur du secteur bancaire de la Côte d'Ivoire et de l'UEMOA, quelle place occupe l'inclusion financière ? Quelle place occupent les PME, les entrepreneurs informels et les personnes non bancarisées dans votre stratégie de croissance ? Peut-on parler d'un changement de perception du risque sur ces entités ?

Elle occupe une place de choix chez nous. Le taux de bancarisation en Côte d'Ivoire s'améliore d'année en année. Nous y participons en mettant à disposition nos 90 agences réparties sur tout le territoire Ivoirien. N'importe quel prospect peut s'adresser à nous à travers notre offre multicanale et nombre de nos collaborateurs participent à des formations et colloques sur l'inclusion financière. Nous sommes également actionnaires d'un des leaders de la micro-finance en Côte d'Ivoire, Advans Côte d'Ivoire. De même, nous avons été précurseurs en créant la maison de la PME en 2019, un espace exclusivement dédié aux petites et moyennes entreprises qui leur permet d'avoir accès à des conseillers spécialisés.

Je soulignerai aussi que notre filiale Société générale Capital securities (SGCS) est en relation très régulière avec la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) et dispense régulièrement des formations sur l'initiation à la bourse sans oublier notre accompagnement du SIKA INVEST CHALLENGE en 2025, une compétition d'étudiants sur l'investissement à la bourse.

La Côte d'Ivoire vise un modèle de croissance plus équilibré et résilient. Quel rôle une grande banque comme la vôtre peut-elle jouer dans la transformation structurelle de l'économie nationale ?

Aujourd'hui, SGCI est une banque qui accompagne au quotidien l'État de Côte d'Ivoire dans tous ses grands projets de transformation de l'économie ivoirienne en mettant notamment l'accent sur les critères ESG sur lesquels nous sommes particulièrement engagés. À titre d'exemples, citons le métro d'Abidjan et la Tour F pour les plus emblématiques. Nous pouvons également citer notre fort accompagnement de la filière Cacao et notamment, les financements nécessaires au plan gouvernemental qui vise à transformer en Côte d'Ivoire 100% de la production locale à l'horizon 2030.

Nous pouvons également citer notre fort accompagnement de la filière Cacao et notamment, les financements nécessaires au plan gouvernemental qui vise à transformer en Côte d'Ivoire 100% de la production locale à l'horizon 2030.

Quel rôle occupe le capital humain chez SGCI ? Comment conciliez-vous exigences de performance, culture d'innovation et bien-être au travail dans un groupe de taille internationale ? Comment développez-vous les compétences locales pour accompagner la transformation digitale et managériale du groupe ?

Le capital humain est au cœur de notre stratégie et il en sera toujours ainsi. La banque, ce sont avant tout les Hommes et chez SGCI, nous y accordons particulièrement beaucoup d'importance. Comme nous l'avons déjà dit plus haut, la formation est une des clés de notre succès. Nous leur dispensons des formations en présentiel et en ligne tout au long de leur parcours professionnel. L'un des avantages d'une banque telle que la SGCI est d'offrir à ses collaborateurs de très nombreuses passerelles entre les différents métiers de la banque que ce soit en Front, Middle et Back Office selon leurs aspirations et leurs compétences. 

Nous accompagnons également nos futurs managers dirigeants (talents) au travers de programmes spécifiques dont l'un dont nous sommes particulièrement fiers en partenariat avec l'ESSEC, l'une des meilleures écoles de commerce européennes. 

Nous accompagnons également nos futurs managers dirigeants (talents) au travers de programmes spécifiques dont l'un dont nous sommes particulièrement fiers en partenariat avec l'ESSEC, l'une des meilleures écoles de commerce européennes. 

Nous ouvrons un deuxième siège social en 2026 et nous avons entrepris la rénovation de notre siège initial, dans le but d'offrir un cadre de travail agréable et fonctionnel à tous les collaborateurs de notre banque. Depuis septembre 2025, nous avons démarré le rapatriement de certaines opérations de back office qui étaient auparavant logées au Sénégal avec la clé la création de 70 postes supplémentaires. Cela offre donc de nouvelles perspectives aux équipes.

Nous investissons de plus en plus dans la digitalisation à la fois sur nos outils internes et nos produits bancaires. 

Enfin, nous avons été pionniers en créant des sites de travail délocalisés, l'un à Bingerville et l'autre à Yopougon et d'ici 2026, nous en aurons 2 supplémentaires. Cela contribue grandement à améliorer la qualité de travail de nos collaborateurs en leur évitant des heures de transport dans les embouteillages. 

Avec la montée en puissance des fintechs qui investissent le champ bancaire et séduisent une clientèle jeune et connectée, comment SGCI intègre cette nouvelle dynamique pour consolider son leadership ?

Nous investissons de plus en plus dans la digitalisation à la fois sur nos outils internes et nos produits bancaires. C'est le cas de l'offre digitale SG connect pour les clients particuliers et Mybusiness en cours de déploiement auprès de nos clients entreprise. A cela, s'ajoute une offre digitale d'investissement en bourse E bourse. Par ailleurs, avec l'arrivée de l'interopérabilité, nous pensons que nous pourrons consolider notre position de leader car nos clients pourront dès lors bénéficier de transactions instantanées.

SGCI sera une Banque plus digitale qu'aujourd'hui, c'est certain, comme il est tout aussi certain que nous disposerons d'un vaste réseau d'agences sur toute l'étendue du territoire Ivoirien. 

Dans cinq ans, à quoi ressemblera, selon vous, la Société Générale Côte d'Ivoire ? Une banque 100% digitale ? Ou un acteur hybride alliant technologie et proximité humaine ? Et quel héritage souhaitez-vous laisser à la tête de cette transformation ?

SGCI sera une Banque plus digitale qu'aujourd'hui, c'est certain. Comme il est tout aussi certain que nous disposerons d'un vaste réseau d'agences sur toute l'étendue du territoire Ivoirien. Pour ce qui me concerne, mon rôle est avant tout d'assurer de la meilleure des façons cette transition digitale qui est sans doute l'une des...

Retrouvez la suite de cette interview dans le numéro de votre magazine téléchargeable gratuitement par un simple clic sur l'image ci-dessous.

Publié le 17/02/26 12:10

La Rédaction

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