La République démocratique du Congo maintient la pression sur Congo Dongfang International Mining, filiale du chinois Dongfang Mining, dont le site à Lubumbashi reste à l'arrêt depuis novembre 2025 après un grave incident environnemental. Dans un communiqué publié le 12 février 2026 à Kinshasa, le ministère des Mines annonce que toute reprise des activités sera désormais soumise à une série d'exigences techniques, environnementales et sociales strictes.
Dans son communiqué, le ministère précise que toute reprise des activités sur le site reste " strictement subordonnée " à plusieurs conditions cumulatives. L'entreprise devra procéder à la mise en conformité intégrale de ses installations, soumettre des études environnementales et sociales actualisées à validation, sécuriser l'ensemble des ouvrages sur la base d'une expertise indépendante et accepter un suivi environnemental renforcé et permanent. Le respect " effectif des obligations sociales envers les communautés riveraines " est également posé comme préalable.
L'entreprise, productrice de cuivre et de cobalt dans le Haut-Katanga, avait été suspendue le 6 novembre 2025 par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, après le déversement d'effluents issus d'un bassin de rétention dans plusieurs quartiers du nord de Lubumbashi. Selon les autorités, l'incident survenu le 4 novembre a touché des zones densément peuplées, notamment autour du quartier Kasapa et du marché Moïse.
Dans son communiqué, le gouvernement reconnaît la " gravité humaine, sanitaire et environnementale " de l'événement et rappelle que la suspension visait à permettre " des investigations approfondies, la sécurisation complète des installations et la prise en charge effective des impacts, dans le strict respect de la loi ".
D'après les informations relayées à l'époque par des médias locaux, des habitants ont signalé des brûlures cutanées après contact avec l'eau contaminée, tandis que des animaux domestiques seraient morts et des poissons retrouvés sans vie dans la rivière Lubumbashi. Les responsables de CDM avaient évoqué la chute d'un moellon dans le bassin de rétention, ce qui aurait endommagé la couche d'étanchéité et provoqué la fuite
Trois mois plus tard, les conclusions de la commission interministérielle spéciale chargée d'enquêter sur l'incident détaillent l'ampleur des mesures engagées. Selon le ministère des Mines, 670 personnes ont été prises en charge à l'hôpital général de référence Jason Sendwe. Sur le plan humanitaire, 350 ménages ont bénéficié d'une assistance directe et 30 000 litres d'eau potable sont distribués chaque jour. Quinze forages ont été programmés pour sécuriser l'accès à l'eau, dont sept déjà réalisés à fin décembre 2025.
Le gouvernement indique également que des opérations de dépollution, de pompage et de neutralisation des effluents ont été menées et qu'un bassin de rétention de secours a été construit. Le processus d'indemnisation des victimes a été " formellement engagé, conformément aux procédures légales et réglementaires en vigueur ".
Le gouvernement assure pour sa part que " l'exploitation des ressources naturelles du pays ne saurait se faire au détriment de la vie humaine, de la santé publique ni de l'environnement " et affirme vouloir renforcer les mécanismes de contrôle, de prévention et d'alerte sur l'ensemble du territoire.
Perton Biyiha
Publié le 13/02/26 17:23
La Rédaction
SN
CEMAC