Kinshasa a lancé, lundi 5 octobre, le Programme de cartographie géophysique aéroportée et géologique de la RDC (PC2G-RDC), sous le haut patronage du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, indique le communiqué publié à l'issue de la cérémonie. L'objectif est de doter l'État congolais d'une connaissance plus précise de son sous-sol afin de mieux orienter l'exploration et, à terme, de renforcer sa capacité à contrôler et valoriser ses ressources minières.
La République démocratique du Congo est le premier producteur mondial de cobalt et le deuxième fournisseur mondial de cuivre. Pourtant, le pays n'a exploré de manière systématique qu'environ 20 % de son territoire, selon le Service géologique national du Congo (SGNC), cité par Reuters. La nouvelle campagne doit ainsi combler une partie de ce déficit de connaissance géologique.
Le programme s'étendra sur 36 mois et mobilisera huit aéronefs chargés de recueillir des données magnétiques, radiométriques, gravimétriques et électromagnétiques, précise le communiqué. Les opérations couvriront progressivement le Kongo Central, le Kwango, le Kwilu, le Grand Kasaï et le Grand Katanga, soit plus de 700 000 kilomètres carrés. Au total, plus de 2,7 millions de kilomètres linéaires de vol sont programmés, avec des lignes espacées d'environ 250 mètres.
Les relevés aéroportés seront complétés par des opérations au sol comprenant des travaux de cartographie, des prélèvements géochimiques et des validations techniques. Le dispositif doit ainsi permettre de constituer une base de données géologiques plus complète et plus précise, destinée à réduire l'incertitude qui pèse encore sur une partie du potentiel minier congolais.
La coordination technique du programme est assurée par le SGNC, tandis que son financement relève du Fonds minier pour les générations futures (FOMIN). L'exécution des travaux a été confiée à l'entreprise espagnole Xcalibur Multiphysics Group.
Des données que l'État entend conserver
Au-delà de la collecte des données, l'enjeu pour Kinshasa réside surtout dans leur maîtrise. Toutes les informations recueillies doivent être intégrées dans une plateforme numérique s'appuyant sur l'intelligence artificielle pour produire des modèles géologiques et des cartes de prospectivité. L'État congolais en conservera la pleine propriété afin de les utiliser pour orienter la planification minière, certifier les ressources et renforcer sa position dans les négociations avec les opérateurs.
L'accès à ces données sera hiérarchisé, rapporte Reuters. Les informations de base resteront accessibles gratuitement, tandis que les données considérées comme plus sensibles seront commercialisées. Les demandes d'accès seront examinées en fonction des besoins des investisseurs, mais aussi de la nécessité de préserver les intérêts stratégiques de la RDC.
Pour le directeur général du SGNC, Raoul Wazenga Vitima, ces données constituent " un actif stratégique de l'État congolais ". Une partie des revenus tirés de la commercialisation de certains produits devrait d'ailleurs contribuer au financement de nouvelles opérations d'exploration, même si les tarifs envisagés n'ont pas encore été précisés. La banque de données doit être pleinement opérationnelle d'ici à la fin de 2026.
Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a ainsi présenté cette campagne comme un investissement dans l'avenir du pays. Lors du lancement, il a déclaré : " Nous investissons aujourd'hui dans la connaissance pour réduire demain le coût, le risque et le temps nécessaires à l'exploration. "
Selon lui, cette connaissance doit permettre à l'État de mieux connaître son patrimoine, aux investisseurs de mieux apprécier les opportunités et aux Congolais de mieux préparer la valorisation de leurs ressources. Une ambition résumée par la formule : " mieux connaître pour mieux décider, mieux explorer pour mieux valoriser, mieux valoriser pour créer davantage de valeur et d'emplois ".
Claude Paul Tjeg
Publié le 06/10/26 13:35
La Rédaction
SN
CEMAC