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Sénégal : Dr Mohamed Ndiaye liste les enjeux et défis du Plan de Traitement de la Dette

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Le Sénégal a lancé mardi dernier son Plan de Traitement de la Dette du Sénégal (PTDS). Il est censé constituer une réponse adaptée aux caractéristiques de la dette du Sénégal. Il a pour vocation de restaurer durablement le profil de la dette publique, de ramener le poids du service de la dette sur le budget de l'État aux normes admises en la matière et de dégager progressivement les marges de manœuvre nécessaires au financement des investissements publics dans les secteurs prioritaires, notamment les secteurs sociaux.

Pour l'économiste et financier, Dr Mohamed Ndiaye, il s'agit du complément indispensable du nouvel accord avec le FMI. Cependant il considère que la question de la dette ne se résume en effet pas à son niveau. Selon son diagnostic, il faut également regarder son coût, sa maturité, son profil de remboursement et surtout le poids de son service sur les finances publiques.

D'après la lecture de Dr Mohamed Ndiaye, lorsque le service de la dette absorbe une part aussi importante des recettes de l'État, c'est autant de ressources qui ne peuvent être consacrées aux infrastructures, à l'éducation, à la santé, à l'agriculture ou au soutien à l'investissement productif.

Fort de cela, il considère que le PTDS peut donc contribuer à améliorer le profil de la dette, réduire les vulnérabilités financières et restaurer progressivement des marges budgétaires. Son effet attendu sur l'économie réelle est également important, notamment à travers l'apurement progressif des obligations de l'État envers les fournisseurs, ce qui permettrait de réinjecter de la liquidité dans le tissu économique.

En dépit, de ce facteur, il estime qu'il faut aussi aller plus loin. Car le traitement de la dette doit impérativement être accompagné d'une transformation profonde de la qualité de la dépense publique. Ainsi, soutient Dr Mohamed Ndiaye, il ne servirait à rien de réaménager la dette aujourd'hui si les mêmes déséquilibres devaient réapparaître demain.

" Le PTDS ne doit donc pas seulement alléger le poids de la dette ; il doit libérer l'État pour qu'il puisse de nouveau financer le développement. Et c'est probablement là l'un des enjeux majeurs des prochaines années : passer d'une gestion de crise de la dette à une véritable stratégie de soutenabilité et de financement du développement ", indique Dr Mohamed Ndiaye.

L'accord avec le FMI, un signal fort

Analysant le nouvel élan de partenariat avec le FMI, Dr Mohamed Ndiaye soutient que l'accord constitue d'abord un signal de confiance. " Lorsqu'un pays parvient à établir avec le FMI une trajectoire crédible de réformes, de consolidation budgétaire et de gestion de la dette, cela fournit à l'ensemble des partenaires financiers un cadre de référence pour apprécier la solidité de cette trajectoire ", retient Dr NdiayeX

À l'en croire, c'est particulièrement important pour le Sénégal, qui doit désormais recréer un environnement favorable à la mobilisation de ressources concessionnelles, au financement du développement et au retour progressif des investisseurs privés.

Mais toutefois, il pense qu'il faut être lucide car l'accord avec le FMI est une condition importante, mais il n'est pas une garantie automatique du retour des investisseurs. Ceux-ci regarderont surtout la capacité du Sénégal à traduire le programme en actes : prévisibilité des politiques publiques, maîtrise des risques budgétaires, transparence, amélioration du climat des affaires, sécurité juridique et capacité à générer une croissance durable.

" La confiance des investisseurs ne se décrète pas ; elle se construit par la cohérence entre les annonces, les réformes et les résultats. On pourrait même résumer la situation ainsi : le FMI peut contribuer à ouvrir la porte du financement international ; c'est la qualité et la constance de nos réformes qui permettront aux investisseurs d'entrer et surtout de rester ", analyse Dr Mohamed Ndiaye.

Publié le 04/09/26 14:28

Mouhamadou Dieng

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