Au Sénégal, l'incertitude politique se paie déjà sur les marchés financiers. Les déclarations d'Ousmane Sonko, qui menace de bloquer les projets de budget du gouvernement, ont provoqué une nouvelle vague de défiance envers la dette souveraine du pays, fragilisant les perspectives d'un accord avec le Fonds monétaire international (FMI).
Les obligations internationales sénégalaises ont enregistré leur plus forte baisse depuis début septembre. Les titres arrivant à échéance en 2031 ont perdu 2,10 cents pour s'établir à 49,99 cents par dollar, tandis que certaines échéances en 2033 et 2048 ont touché des niveaux proches de 2 cents, selon les données de Bloomberg. Ces cours traduisent la prudence des investisseurs face aux incertitudes budgétaires et aux perspectives de remboursement.
Au cœur des tensions, le désaccord sur la réduction des subventions aux carburants et la maîtrise des dépenses publiques. Lundi à Dakar, Ousmane Sonko a refusé de cautionner, à ce stade, les propositions gouvernementales, qu'il assimile à des mesures d'austérité destinées à rembourser des dettes jusque-là non déclarées. À la tête du Pastef, majoritaire à l'Assemblée nationale, le président du Parlement dispose d'un levier politique déterminant pour entraver l'adoption des textes financiers.
Cette opposition menace directement les négociations avec le FMI. Le Sénégal cherche à finaliser un programme de financement de 2,2 milliards de dollars, approuvé en principe le mois dernier, après la suspension en 2024 du précédent dispositif à la suite de la découverte d'emprunts non déclarés. L'approbation définitive du nouvel accord reste conditionnée à des engagements crédibles de redressement budgétaire.
Le projet de budget 2027 prévoit de ramener le déficit public à 4,7% du PIB, contre 7,6% en 2026, selon les chiffres révisés. Les dépenses devraient reculer de 2,9% à 7 400 milliards FCFA, sous l'effet notamment de la baisse des investissements et de la rationalisation des subventions.
Un blocage prolongé compromettrait ainsi le calendrier du financement international et compliquerait les discussions sur la restructuration de la dette extérieure dans le cadre commun du G20.
Publié le 21/10/26 11:19
La Rédaction
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CEMAC