Au Sénégal, la mobilisation des ressources financières destinées au financement des besoins de l'Etat s'est avérée encore une fois insuffisante sur les 3 premiers mois de l'année 2021. Celle-ci s'est en effet établie à 498,7 milliards FCFA (760,3 millions d'euros) à fin mars 2021, contre 546,82 milliards FCFA (833,63 millions d'euros) à la même période de l'année précédente, soit une contraction de 8,8% en glissement annuel.
Dans le même temps, les dépenses publiques qui ont certes reculé de 1,5% pour se situer à 1 012,6 milliards FCFA (1,54 milliard d'euros) sur la période sous revue, sont ressorties largement supérieures aux ressources disponibles.
En conséquence, les finances publiques sénégalaises accusent un déficit de 513,8 milliards FCFA au premier trimestre 2021 contre un déficit de 480,6 milliards FCFA un an auparavant, soit une détérioration de 6,91%.
Dans le détail, la baisse des ressources est principalement imputable aux recettes budgétaires qu'aux dons, ces derniers estimés à 10,4 milliards FCFA. En effet, la mobilisation des ressources intérieures est ressortie en retrait de 4,8% (-24,5 milliards FCFA), suite au repli conjugué des recettes fiscales (-4,6%) et des recettes non fiscales (-9,2%).
Concernant les dépenses publiques, le repli de 15 milliards FCFA s'explique par la baisse des intérêts sur la dette publique ainsi que des dépenses d'investissement. De fait, les intérêts sur la dette publique (107,8 milliards FCFA) et les dépenses en capital (372 milliards FCFA) ont reculé respectivement de 5,3% et 6,3%.
La réduction des dépenses publiques a toutefois été atténuée par les "autres dépenses courantes" et la masse salariale qui se sont confortées respectivement de +11 milliards FCFA et +4,9 milliards FCFA au premier trimestre 2021.
Pour financer ce déficit, l'Etat sénégalais a emprunté notamment près de 245 milliards FCFA (373,5 millions d'euros) sur le marché monétaire régionale au cours de la période sous revue.
Publié le 10/05/21 08:49
Dr Ange Ponou
SN
CEMAC