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SODECI : Des fragilités persistantes qui interrogent, malgré un bénéfice en hausse de 12% fin septembre 2026

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Le concessionnaire ivoirien de l'eau potable a dégagé un résultat net de 2,13 milliards FCFA sur les neuf premiers mois de 2026, en hausse de 12,1 %. Cette progression cumulée masque toutefois une perte au troisième trimestre, une rentabilité toujours étroite et des incertitudes sur les conditions d'application du nouveau contrat d'affermage. Des risques à surveiller alors que le titre a plus que doublé à la BRVM depuis le début de l'année.

À première vue, les comptes de la Société de distribution d'eau de Côte d'Ivoire (SODECI) restent bien orientés. À fin septembre 2026, son chiffre d'affaires atteint 126,46 milliards FCFA, en progression de 1,5 % sur un an. Le résultat d'exploitation s'améliore plus rapidement, de 11,2 %, à 3,68 milliards FCFA, tandis que le bénéfice net augmente de 12,1 %, à 2,13 milliards FCFA.

Ces résultats témoignent de la capacité du concessionnaire du service public de l'eau potable à préserver ses bénéfices dans un environnement difficile. Ils ne dissipent cependant pas les interrogations entourant son modèle économique. La croissance demeure faible, les marges restent réduites et l'essentiel de l'amélioration cumulée a été réalisé au premier semestre. Entre juillet et septembre, la société a en effet basculé dans le rouge.

Une progression cumulée portée par le premier semestre

À fin juin 2026, la SODECI affichait encore un résultat d'exploitation de 4,36 milliards FCFA et un bénéfice net de 2,67 milliards FCFA. Trois mois plus tard, ces deux indicateurs sont retombés respectivement à 3,68 milliards et 2,13 milliards FCFA.

Le seul troisième trimestre s'est ainsi soldé par une perte d'exploitation de 677 millions FCFA. Par différence entre les résultats semestriels et ceux à fin septembre, la perte nette trimestrielle peut être estimée à environ 534 millions FCFA.

Ce retournement est d'autant plus significatif que l'activité n'a pas reculé dans les mêmes proportions. Le chiffre d'affaires du troisième trimestre ressort à près de 42,5 milliards FCFA, en légère progression de 0,4 % sur un an. Autrement dit, SODECI a continué à générer des revenus, mais ceux-ci n'ont pas suffi à couvrir l'ensemble des charges de la période.

La société explique cette contre-performance par le ralentissement des travaux et des branchements, le décalage du calendrier de certains programmes et la poursuite de l'exploitation dans l'attente de la mise en œuvre du nouveau cadre contractuel. Le troisième trimestre ne remet donc pas en cause le bénéfice cumulé sur neuf mois, mais il montre combien celui-ci reste sensible à la composition des activités et au calendrier des commandes.

Une marge nette de seulement 1,7 % fin septembre

La première vulnérabilité de SODECI réside dans l'étroitesse de ses marges. Sur 126,46 milliards FCFA de revenus engrangés entre janvier et septembre, la société n'a conservé que 2,13 milliards FCFA de bénéfice net. Sa marge nette s'établit ainsi à 1,7 %, contre 1,5 % un an auparavant.

Concrètement, pour 100 FCFA de chiffre d'affaires, SODECI ne dégage que 1,70 FCFA de bénéfice. Sa marge d'exploitation, bien qu'en amélioration, ne dépasse pas 2,9 %, contre 2,7 % à fin septembre 2025.

Cette faible rentabilité est structurelle. Sur les cinq derniers exercices, la marge nette de SODECI a oscillé entre 2% et 3,2%. C'est dire que la compagnie n'a généré qu'un maximum de 3,2 FCFA de profit sur 100 FCFA de revenus.

Des marges qui restent particulièrement très modestes comparé à d'autres sociétés cotées à la BRVM comme les banques qui affichent des marges de plus de 30% ou encore les télécoms qui offrent du 15%.

Le nouveau contrat reste déterminant

Le principal facteur d'incertitude se situe désormais dans le nouveau contrat d'affermage que L'État et SODECI auraient signé en 2025 à travers une convention.

Pourtant, dans sa publication à fin septembre 2026, SODECI indique que ce contrat demeure en attente de notification. Les échanges se poursuivraient avec l'Autorité affermante sur ses modalités de mise en œuvre. Leur aboutissement permettra de préciser les perspectives de la Société.

Cette formulation est importante pour les investisseurs. Elle signifie que les comptes des neuf premiers mois reposent encore, au moins en partie, sur des hypothèses susceptibles d'évoluer. Le risque ne porte donc pas seulement sur l'activité du quatrième trimestre, mais aussi sur d'éventuelles corrections comptables liées aux modalités définitives du contrat.

Cette incertitude intervient alors que la structure de trésorerie était déjà tendue à fin 2025. La trésorerie disponible avait chuté de 45,3 milliards FCFA à 11,5 milliards, tandis que les concours de trésorerie atteignaient 73,2 milliards FCFA. La trésorerie nette ressortait ainsi à environ –61,7 milliards FCFA, contre –24,9 milliards un an auparavant.

Une valeur refuge qui doit encore rassurer

SODECI reste un actif particulier à la BRVM. Son activité est essentielle, son nombre de clients progresse et sa position dans la distribution urbaine de l'eau lui assure des revenus récurrents. Ces caractéristiques ont renforcé son image de valeur refuge auprès des investisseurs.

Mais la visibilité commerciale ne signifie pas automatiquement une forte rentabilité. À fin septembre, la société reste bénéficiaire et améliore ses résultats sur un an. Le déficit du troisième trimestre montre néanmoins que son équilibre demeure vulnérable à la baisse des travaux, à la hausse des coûts et au calendrier des compensations publiques.

Publié le 02/11/26 08:25

La Rédaction

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