En recevant, le 16 août 2025, la délégation conduite par Thani Bin Ahmed Al Zeyoudi, ministre d'État émirati au commerce extérieur, le ministre d'État tchadien en charge des Finances, Tahir Hamid Nguilin, a dressé le tableau d'un partenariat en pleine expansion, jalonné de futur projets dont les accords devraient être paraphés lors de la grande table ronde de novembre (du 7 au 8) à Abu Dhabi.
" Nous sommes très heureux de vous accueillir ici, Monsieur le Ministre ", a déclaré d'entrée le président du comité d'organisation de la table ronde. " Nous sommes surtout honorés par la qualité et le nombre impressionnant de compétences, tant parmi les investisseurs que parmi les experts, que vous avez mobilisés dans vos délégations. "
Les discussions ont couvert un spectre impressionnant, allant de l'énergie à l'agriculture, en passant par les mines, le pétrole, les télécoms et les infrastructures. Dans l'électricité, le Tchad s'appuie déjà sur la société émiratie GSU. " Nous sommes heureux que de nouvelles annonces soient envisagées ", a poursuivi le ministre, précisant que des projets conjoints avec la société nationale d'électricité et les investisseurs étrangers pourraient accélérer l'accès à l'énergie, aussi bien à N'Djamena qu'en province.
Sur le pétrole, l'enjeu est d'autant plus fort que la délégation émiratie comprenait la Abu Dhabi National Oil Company (ADNOC), géant national du secteur. " L'ensemble de la chaîne, depuis la recherche pétrolière jusqu'au raffinage et à la production pétrochimique, a été abordé. Les espoirs sont grands et la volonté commune est manifeste. Je pense qu'à Abu Dhabi nous signerons des accords majeurs dans ce domaine ", a affirmé Nguilin.
Le sous-sol tchadien a également retenu l'attention. Le ministre a insisté sur la modernisation d'exploitations minières encore trop artisanales. " Une coopération renforcée entre nos sociétés et les vôtres permettra de développer les compétences locales, d'acquérir de l'expérience et de mettre en place des règles d'exploitation respectueuses de l'environnement. "
Le monde rural a été au cœur des discussions. Agriculture et élevage figurent en tête des priorités. La mécanisation, la production d'engrais et la transformation agro-industrielle seront à l'agenda de la table ronde. Le ministre tchadien a rappelé que " ces travaux devraient conduire à la signature d'accords lors de notre prochaine rencontre à Abu Dhabi, au grand satisfecit du ministre de l'Agriculture, qui a rappelé les orientations du Chef de l'État, le maréchal Mahamat Idriss Déby ". Côté élevage, santé animale, alimentation et production de viande constituent des chantiers ouverts avec les Émirats.
Le coton, produit-phare de l'économie tchadienne, pourrait connaître une nouvelle trajectoire grâce à un partenariat industriel. Avec l'entreprise indienne Arise IIP, déjà implantée en Afrique, et des investisseurs émiratis, N'Djamena vise la création d'une véritable filière textile locale. " Dès novembre ou décembre, le gouvernement prendra les dispositions pour que 12 000 jeunes Tchadiens soient formés aux métiers de l'industrie textile ", a annoncé le ministre, rappelant l'importance de l'emploi des jeunes.
Les infrastructures de transport ne sont pas en reste. Les discussions ont évoqué la création de liaisons aériennes directes, la mise en place de ports secs, mais aussi un centre de maintenance aéronautique au Tchad. " Cela constitue une forte demande de notre pays ", a insisté Nguilin, qui a également salué la perspective de compagnies conjointes.
Le numérique, secteur stratégique, a fait l'objet de " discussions nourries ", notamment autour de la Sotel et de la desserte internet. Même dynamique dans le tourisme et l'hôtellerie, où l'expertise émiratie est particulièrement attendue, et dans les services financiers, avec un projet de structures conjointes dans la banque et la microfinance.
Au-delà des projets sectoriels, l'objectif est de sceller un partenariat global. " Nos services respectifs ont convenu de consolider ce partenariat par la signature prochaine d'un accord global de coopération économique entre nos deux pays ", a indiqué le ministre, rappelant que ce futur texte complétera déjà la convention de non-double imposition et l'accord sur la protection et la promotion réciproque des investissements.
Perton Biyiha
Publié le 20/08/25 10:14
La Rédaction
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