Le mobile money confirme son rôle de moteur incontournable de l'inclusion financière avec un volume de transactions qui s'envole à 16,36 milliards d'opérations (+37,3%) pour une valeur totale exacte de 219 151 milliards FCFA, soit une croissance explosive de +39,7% par rapport à 2024. C'est l'une des principales informations du ‘'Tableau de bord de l'Inclusion financière dans l'UEMOA'', rendu public le 20 octobre 2026 sur le site de la BCEAO au titre de l'année 2025.
Impressionnante, cette dynamique repose sur une adoption de plus en plus massive des outils numériques par les populations de la région. Le nombre total de comptes mobile money ouverts atteint désormais 284 757 275. Parmi ces comptes, 92,7 millions sont considérés comme actifs. Cette vitalité permet au taux d'utilisation de la monnaie électronique de progresser significativement pour s'établir à 60,3%. Cela traduit une augmentation de 3,1 points de pourcentage en l'espace d'une seule année.
Inclusion financière
Grâce à cet essor spectaculaire des paiements digitaux, l'inclusion financière globale au sein de l'UEMOA franchit un nouveau palier historique. Le taux global d'utilisation des services financiers, soigneusement corrigé du phénomène de multibancarité, s'établit à 76,1% à la fin de l'année 2025.
Cela correspond à une hausse de 2,5 points en un an, alors que ce chiffre était de 73,6% l'année précédente. En parallèle, l'indice synthétique d'inclusion financière, la note globale qui mesure la qualité de l'accès aux services financiers dans la zone, confirme sa progression, grimpant de 0,600 à 0,616.
Bancarisation
Alors que l'argent mobile porte la croissance, les banques traditionnelles continuent de progresser à un rythme plus mesuré mais solide. En 2025, le taux de bancarisation strict s'établit à 26,9%, contre 25,2% l'année précédente, et le taux élargi atteint 50,6%. Les 136 banques de la zone renforcent ainsi leurs bases.
L'argent total placé par les clients dans les banques (ce qu'on appelle les encours de dépôt) bondit de 16,5% pour atteindre 56 200 milliards FCFA. Dans le même temps, les prêts accordés à l'économie progressent de 5% pour s'établir à 38 732 milliards FCFA. Quant aux coûts d'emprunt, ils restent stables, avec un taux d'intérêt moyen de 6,69%.
Monétique interbancaire
Outre la téléphonie mobile et les services bancaires classiques, le paysage financier régional tire profit d'une belle vitalité de la monétique interbancaire. La zone enregistre un total de 8 763 569 cartes bancaires en circulation, marquant une progression de 9,3% sur un an, pour un volume de transactions atteignant 16 389 milliards FCFA.
Au sein de cet écosystème, le segment des cartes prépayées réalise une avancée spectaculaire avec une hausse de 44,8%, atteignant désormais 2 589 494 cartes en service. Ce chiffre reflète une préférence marquée des usagers pour des instruments de paiement souples et directement accessibles sans nécessiter l'ouverture préalable d'un compte bancaire traditionnel.
Disparités régionales
Toutefois, ces performances d'ensemble cachent des disparités régionales. La Côte d'Ivoire et le Sénégal demeurent les deux locomotives économiques de la région, concentrant la grande majorité de la valeur des transactions de monnaie électronique avec respectivement 71 307 milliards FCFA et 58 617 milliards FCFA.
Sur le plan de la pénétration globale, des pays comme le Bénin, le Togo et la Côte d'Ivoire affichent les taux d'utilisation des services financiers les plus avancés de l'Union, frôlant ou dépassant les seuils de saturation. À l'opposé, des nations comme le Niger accusent encore un retard relatif, en dépit des initiatives et des efforts constants déployés pour rapprocher les services financiers des populations rurales et vulnérables.
Anselme Akéko
Publié le 22/10/26 09:11
La Rédaction
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