menu mobile
L’information économique au cœur des marchés africains

Washington frappe des opérateurs miniers accusés d'alimenter le trafic de minerais dans l'est de la RDC

BRVMC0000000 - BRVMC
La BRVM Ouvre dans 60h34min

Les États-Unis ont annoncé une nouvelle série de sanctions financières contre plusieurs entreprises minières rwandaises et leurs dirigeants, accusés de faciliter le commerce illicite de minerais provenant de l'est de la République démocratique du Congo (RDC), une région en proie aux affrontements avec le Mouvement du 23 mars (M23). Selon le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du département américain du Trésor, les entités visées auraient participé à un réseau permettant l'extraction, le transport, le raffinage et l'exportation de minerais issus de zones sous le contrôle du groupe armé.

Pour Washington, ces sanctions s'inscrivent dans une stratégie visant à priver les groupes armés des ressources financières tirées de l'exploitation illégale des richesses minières congolaises." Les États-Unis ne permettront pas à des groupes armés de tirer profit du commerce illicite des minerais et de déstabiliser la région. Les richesses minières de la République démocratique du Congo appartiennent légitimement au peuple congolais. Sous la direction du président Trump, nous continuerons de prendre des mesures décisives contre ceux qui facilitent la violence, l'exploitation et les attaques contre les Congolais ", a déclaré le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent. 

Le Trésor américain rappelle que le M23, désigné comme groupe armé par les États-Unis et les Nations unies, est accusé de graves violations des droits humains. Selon Washington, le contrôle des ressources minières dans les territoires occupés permet au mouvement de financer ses opérations militaires, d'acquérir des armes, de rémunérer ses combattants et d'entretenir les violences qui frappent les populations civiles dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Une chaîne d'approvisionnement sous surveillance

Selon le département américain du Trésor, une partie des minerais extraits dans l'est de la RDC est acheminée clandestinement vers le Rwanda avant d'être exportée vers des pays de raffinage, notamment la Chine. D'après les autorités américaines, ces circuits alimentent les revenus des groupes armés, tandis que des taxes illégales sont prélevées avec la complicité de certains responsables locaux.

Pour Washington, " la lutte contre les réseaux de trafic de minerais est indispensable pour mettre en place une filière régionale légale et transparente, bénéfique aux populations locales et aux chaînes d'approvisionnement mondiales ".

Le Trésor américain attire également l'attention sur les conditions d'exploitation dans les zones minières contrôlées par le M23. Selon son communiqué, des cas de travail forcé, de travail des enfants, de violences sexuelles et de graves manquements aux règles de sécurité continuent d'y être signalés. Les autorités américaines citent notamment l'effondrement, en mars 2026, d'une galerie de la mine de coltan de Rubaya, sous le contrôle du M23, qui aurait causé la mort de plus de 200 personnes, parmi lesquelles figuraient des enfants.

Dans ce contexte, les autorités américaines mettent particulièrement en cause Gasabo Gold Refinery LTD, basée à Kigali. D'après le département du Trésor, cette raffinerie occuperait une place centrale dans le raffinage de l'or extrait illégalement dans le Sud-Kivu. Le communiqué indique qu'après son extraction, le métal précieux aurait été placé sous la surveillance des Forces de défense rwandaises (RDF), puis transporté par des soldats rwandais et des combattants du M23, par voie terrestre ou aérienne, jusqu'à Kigali. Selon le Trésor, au début de l'année 2026, au moins 60 kilogrammes d'or, représentant plusieurs millions de dollars, auraient ainsi quitté clandestinement la RDC pour rejoindre cette raffinerie. Les autorités américaines rappellent également que l'Union européenne avait déjà sanctionné Gasabo Gold Refinery LTD pour son implication présumée dans le transport d'or extrait illégalement en RDC.

Outre Gasabo Gold Refinery LTD, les sanctions visent Jean Malic Kalima, président de la société, Bosco Kayobotsi, son directeur général, ainsi que Bugambira Mines LTD, Wolfram Mining and Processing LTD et Rwinkwavu Mining Corporation LTD. Selon l'OFAC, Jean Malic Kalima exerce le contrôle sur ces trois entreprises minières rwandaises.

Le département américain du Trésor précise que ces mesures entraînent le gel de tous les biens et intérêts détenus aux États-Unis par les personnes et sociétés concernées, ou placés sous le contrôle de ressortissants américains. Les citoyens et les entreprises des États-Unis ne sont désormais plus autorisés à effectuer des transactions avec ces personnes ou entités sans autorisation spécifique de l'OFAC. Le Trésor souligne également que des institutions financières et des entreprises étrangères pourraient elles aussi s'exposer à des sanctions si elles réalisent certaines opérations avec les personnes ou sociétés désormais inscrites sur la liste des ressortissants spécialement désignés (SDN List).

Cette nouvelle décision s'inscrit dans le prolongement des sanctions déjà annoncées les 2 mars, 30 avril et 2 juin 2026 contre différents acteurs liés au conflit dans l'est de la RDC. Washington rappelle également avoir sanctionné, le 2 mars 2026, les Forces de défense rwandaises (RDF), accusées d'apporter un soutien militaire, financier et logistique au M23.

Enfin, dans son communiqué publié le 25 juin, le département américain du Trésor explique que cette décision intervient dans le cadre de la mise en œuvre des Accords de Washington pour la paix et la prospérité, négociés par les États-Unis et signés le 4 décembre 2025 par les dirigeants de la RDC et du Rwanda. 

Perton Biyiha 

 

.

Publié le 26/06/26 17:13

La Rédaction

SOYEZ LE PREMIER A REAGIR A CET ARTICLE

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

itIsShxTJQqmG9XgAEH3bk7nP6nHHw5ueQfMrsp54ZY False