Abraham in Tech est une plateforme transfrontalière à but non lucratif d'innovateurs et d'investisseurs qui s'est donnée pour mission de construire une nouvelle dynamique de coopération économique et technologique, comme en témoigne sa présentation officielle lors de la 10ème édition de VivaTech 2026 à Paris. Initiée sous l'impulsion de l'organisation non gouvernementale internationale Elnet, cette communauté d'affaires ambitionne de répondre aux grands défis industriels, sociétaux et environnementaux du 21e siècle en transformant l'esprit des Accords d'Abraham de 2020 en projets entrepreneuriaux concrets. En connectant l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique, Abraham in Tech décloisonne l'innovation et relie enfin les viviers technologiques de pointe, les grands capitaux internationaux et les marchés émergents à fort impact.
Ce modèle triangulaire cherche à résoudre les difficultés chroniques d'accès au financement qui asphyxient la croissance des startups tech sur le continent africain. Bien que le génie créatif local se matérialise par une multitude de solutions face aux réalités du quotidien, les entrepreneurs africains se heurtent systématiquement à un plafond de verre lors des phases de levées de fonds en Série A et au-delà. Les circuits financiers traditionnels et le capital-risque conventionnel se montrent souvent frileux ou inadaptés aux spécificités des marchés émergents. Ce qui freine le déploiement à grande échelle de technologies pourtant indispensables. Pour briser cette contrainte, le canal d'Abraham in Tech offre une opportunité de rupture en établissant une architecture économique où la convergence des intérêts économiques et technologiques prend le pas sur la diplomatie classique.
C'est précisément cette grille de lecture que met en avant Pierre-Samuel Guedj, expert en durabilité, investissements à impacts & relations gouvernementales. Il souligne la pertinence d'un modèle collaboratif intercontinental structuré en triangle : Israël apporte son expertise de Start-Up Nation technologique, les pays du Golfe déploient leur puissance financière et leurs infrastructures, tandis que l'Afrique se positionne comme le terrain d'application et d'impact privilégié.
Pour les startups du continent, cette configuration représente une passerelle directe vers les fonds souverains et les investisseurs privés du Golfe qui intensifient actuellement leurs investissements extérieurs pour diversifier leurs propres économies.
Sur la décennie allant de 2012 à 2022, les investissements directs étrangers globaux des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) vers l'Afrique ont dépassé les 100 milliards USD selon le rapport The Gulf Co-operation Council's Expanding African Footprint. Pour la seule période récente de 2022-2023, ces flux d'investissements cumulés, menés par un trio de tête composé des Émirats arabes unis (EAU), de l'Arabie saoudite et du Qatar, se sont élevés à 113 milliards USD. Ces chiffres massifs confirment la réalité de la réserve de capital disponible dans le Golfe pour les projets à fort impact et l'opportunité concrète que représente un canal de mise en relation comme Abraham in Tech pour les startups africaines en quête de croissance.
Parallèlement à cette manne financière, l'initiative ouvre de nouveaux corridors d'innovation sectoriels. En favorisant des transferts de technologies ciblés, elle accélère le co-développement de solutions dans des domaines hautement critiques tels que l'intelligence artificielle, la santé, la transition énergétique, la sécurité alimentaire ou encore la gestion de l'eau. Le Maroc, fort de ses 11 startups présentes sous le pavillon parisien d'Abraham in Tech, joue à ce titre un rôle de catalyseur au sein de cette dynamique.
Anselme Akéko
Publié le 30/06/26 13:32
La Rédaction
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