Le fonds d'investissement Africa50 veut changer d'échelle. Créé en 2015 à l'initiative de dirigeants africains et basé à Casablanca, le fonds ambitionne de plus que doubler, au cours des cinq prochaines années, la valeur des projets dans lesquels il co-investit, pour la porter à au moins 20 milliards de dollars à l'horizon 2031.
Africa50 compte aujourd'hui 36 projets dans son portefeuille, principalement dans l'énergie, les transports et la logistique, pour une valeur cumulée d'environ 9 milliards de dollars. Le fonds n'a toutefois engagé qu'environ 500 millions de dollars de fonds propres, misant sur sa capacité à attirer d'autres investisseurs et à multiplier l'effet de levier de ses interventions. " Nous souhaiterions atteindre 20 milliards de dollars et plus ", a ainsi déclaré Tshepidi Moremong, directrice des opérations d'Africa50, dans un entretien accordé à l'agence Reuters.
L'électricité devrait constituer l'un des principaux moteurs de cette expansion. Africa50 entend cibler en priorité les secteurs où les besoins d'investissement sont les plus importants, notamment la production et le transport d'électricité. Le fonds a conclu en décembre un partenariat avec PowerGrid et le gouvernement kényan pour développer, dans le cadre d'un partenariat public-privé, des lignes électriques à haute tension représentant un investissement de 311 millions de dollars. Ses investissements couvrent également des projets de production d'électricité au Nigeria, en Égypte, au Cameroun et à Madagascar, ainsi que des infrastructures numériques au Rwanda.
Africa50 cherche par ailleurs à développer une seconde source de revenus en prenant directement en charge la gestion d'infrastructures existantes. Le principe consiste à exploiter et moderniser certains actifs publics en échange de paiements initiaux versés aux gouvernements, puis à générer des revenus grâce à leur exploitation. Le fonds applique déjà ce modèle au pont de Sénégambie, qui relie le Sénégal à la Gambie. Africa50 assure notamment l'entretien et la modernisation de l'ouvrage et perçoit des péages. Selon Tshepidi Moremong, cette activité pourrait représenter à terme entre un cinquième et un quart du portefeuille du fonds.
Cette stratégie intervient alors que le déficit de financement des infrastructures africaines demeure considérable. La Banque africaine de développement l'estime à plus de 100 milliards de dollars par an. La situation est d'autant plus tendue que les financements publics au développement provenant des pays riches sont en recul. Pour Africa50, ce manque de capitaux constitue donc à la fois un défi majeur pour les économies africaines et un espace de croissance pour les investisseurs capables de structurer des projets bancables et d'attirer des financements privés.
Publié le 09/09/26 11:21
La Rédaction
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CEMAC