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Afrique du Sud : Craignant la dégradation de la note du pays, les investisseurs cèdent 711 millions $ d’actifs en 5 jours

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La crise de confiance des investisseurs internationaux envers l'Afrique du Sud a probablement atteint un niveau sans précédent ces dernières années. D'après les données de la Johannesburg Stock Exchange, la bourse locale, citées par Bloomberg, les investisseurs étrangers ont cédé 10,7 milliards de rands d'actifs, soit 711 millions de dollars, en seulement 5 jours, entre le 30 septembre et le 4 octobre derniers. Il s'agit de la plus importante sortie de fonds sur le marché financier ces deux dernières années.

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A l'origine de ce vent de panique, la prochaine notation de l'agence Moody's attendue ce 1er  novembre et qui est au centre de toutes les spéculations. Après Fitch Ratings et Standard & Poor's qui ont reclassé la note de l'Afrique du Sud dans la catégorie spéculative depuis 2017, Moody's reste la seule grande agence de notation à maintenir le pays dans la catégorie d'investissement à risque modéré (Baa3,  un cran au-dessus de la catégorie spéculative).

ESKOM et la dette publique

Début septembre, Moody's avait pourtant rassuré le marché sur sa perception ; " du point de vue du crédit, les principaux risques à la baisse concernent en réalité la perspective à plus long terme, à partir de 2020 et au-delà ", avait-elle relevé. Toutefois, la dette publique et la restructuration d'ESKOM, la compagnie publique d'électricité, sont une épée de Damoclès qui menace le pays.

Lucie Villa, analyste principale de Moody's pour l'Afrique du Sud, avait confié début septembre à Reuters que le manque de clarté et la lenteur des progrès dans la réforme annoncée de ESKOM restait une grande préoccupation pour l'agence.

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La compagnie publique qui traîne une ardoise de 450 milliards de rands, soit 29 milliards de dollars, bénéficie d'un plan de sauvetage d'un coût total de 59 milliards de rands (3,9 milliards de dollars) supporté par les finances publiques. Et dans un pays où le déficit budgétaire est estimé à 4,9% du PIB, un échec de ce plan pourrait avoir un effet dévastateur sur l'économie et la dette du pays.

Les investisseurs, plus pessimistes, parient donc sur une baisse de la note de crédit de Pretoria. Une situation qui pourrait pousser, à la vente, des milliards de rands d'actifs entraînant les cours à la baisse. Une perspective qu'anticipent ces derniers et qui explique, selon les analystes, les cessions actuelles d'actifs.

D'après les analyses de Sika Finance, le marché de la JSE a replié de 5,81% au troisième trimestre 2019, la plus forte baisse sur la même période depuis 2011 où le marché avait accusé une perte de 6,87%. En comparaison, la seconde plus forte baisse au troisième trimestre date de 2015 avec un recul de 3,32%.

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En outre, les données du trésor ont montré que les investisseurs étrangers détenaient 37% de la dette publique du pays fin août dernier, contre 43% en mars 2018.

Des avis partagés

La perspective d'une révision à la baisse de la note souveraine est soutenue par Renaissance Capital qui a fait part de son pessimisme ce mardi à Bloomberg. " Les chiffres macroéconomiques ne permettent pas à l'Afrique du Sud de conserver une note d'investissement", a déclaré Charles Robertson, économiste en chef au sein de la banque d'investissement dont les projections de notation avaient été confirmées pour plusieurs pays émergents. " Une croissance médiocre, des finances publiques en déficit, des perspectives sombres sur les produits de base, des tensions sociales comme le montrent les émeutes anti-nigérianes, des questions sur la capacité du président de faire avancer son programme, tout cela est inquiétant ", a-t-il justifié.

Fait notable toutefois, un sondage effectué par l'agence auprès d'une cinquantaine d'investisseurs, de traders et de stratèges, montre que 64% d'entre eux sont optimistes quant au maintien de la note du pays.

Jean Mermoz Konandi

Publié le 08/10/19 17:17

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